Martin Winckler dénonce la maltraitance médicale dans un livre - <I>Les brutes en blanc</I>

Les brutes en blanc

Martin Winckler dénonce la maltraitance médicale dans un livre

Martin Winckler, militant de longue date de la lutte contre la "maltraitance" médicale, embrase internet et suscite la colère parmi les médecins avec son nouveau livre au titre provocateur "les brutes en blanc".

E-llico.com / Santé / VIH

Martin Winckler dénonce la maltraitance médicale dans un livre
Les brutes en blanc

Mis en ligne le 14/10/2016

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Martin Winckler Maltraitance médicale

Dans cet ouvrage, sous-titré "Pourquoi y a-t-il tant de médecins maltraitants ?" l'auteur, de son vrai nom Marc Zaffran, ex-médecin généraliste vivant désormais au Canada, n'est pas tendre avec ses confrères.

En retour, il est accusé de jeter le soupçon généralisé sur la profession et de sombrer dans le "Docbashing". Son roman La Maladie de Sachs paru en 1989 avait pourtant encouragé la vocation de toute une génération de jeunes médecins.

Dans son nouveau livre, Martin Winckler s'indigne du manque de respect des patients, du déni de leur souffrance ("c'est dans votre tête"), des humiliations faites aux femmes, à cause de leur poids, d'une demande d'IVG, de pilule ou de stérilet, de leur enfant autiste ou de faire son cinéma pour une douleur abdominale qui s'avère être... une péritonite.

Dénoncées également la promotion éhontée d'un dépistage controversé du cancer de la prostate par le test sanguin PSA, ou du "décallotage" des petits garçons, "douloureux" et "médicalement sans intérêt".

Vaccins, cancers, Mediator, examens intimes non consentis en profitant de l'anesthésie de patiente(e)s, collusion avec l'industrie pharmaceutique, charge contre l'enseignement de la médecine et la hiérarchie hospitalière qui maltraite les étudiants...

"Chaque semaine, je reçois des témoignages de patients à qui on a menti sur leur état, sur la nature de la maladie qui les afflige, sur le pronostic, sur les traitements", écrit l'auteur, qualifié de Monsieur "Perfect". Provocation ! "Titre putassier" !  "Il radote !". Les réactions sont vives.

L'Ordre des médecins a dénoncé "la caricature et de l'amalgame" choisie par l'auteur qui tend "à réduire l'ensemble de la profession médicale à des maltraitants". 97% des patients disent avoir une "bonne relation" avec leur médecin traitant, et 87% affirment que "le médecin consulté les a écoutés", assure cette instance.

Il y a "440 millions de consultations en France chaque année et le nombre de plaintes pour violence du corps médical envers les patients est plus que minime", s'insurge le Dr Jérôme Marty, président de l'UFML (Union "pour une médecine libre").

Les médecins "les moins concernés" sont "les plus blessés par ces critiques" déplore sur son blog l'étudiant en médecine Littherapeute.

D'autres sont "consternés" comme Baptiste Baulieu, médecin et écrivain, par les commentaires outragés de confrères: "aucune remise en question" ! "Pas d'homophobie dans le milieu médical ? Pas de sexisme ? Pas de transphobie ? Pas de mépris de classe ? Pas de mépris envers les psychiatriques, envers les toxicos ? Les travailleurs du sexe? Non? vous êtes sûrs ?" lance-t-il sur Twitter.

Au fond, ce livre permet de réfléchir, soulignent certains. Mais c'est un compagnon de combats qui lui dit son "désarroi". "Je partage certains des constats que tu fais", écrit sur son blog Christian Lehmann, médecin généraliste et écrivain, tout en critiquant l'"orgueil" de l'auteur et relevant les erreurs et approximations de son ouvrage.

Les médecins français consacrent en moyenne 23 secondes à écouter leurs patients avant de les interrompre ? C'est une étude américaine... de 1999. L'absence en France de rencontres avec des patients ? Faux, cela existe dans certaines facultés de médecine.

"Martin, le monde a changé, Internet a bouleversé la donne permettant aux médecins qui le souhaitaient et ils sont nombreux, d'échanger, de bousculer leurs certitudes", ajoute le Dr Lehmann.

Sur Twitter, une patiente, coordinatrice d'un site d'information pour les patients atteints de maladies chroniques, @MissLondres défend l'idée de mettre en lumière les problèmes car "la reconnaissance de la place des patients est un combat. POINT".

Sourd également, une inquiétude de voir se détériorer la relation médecin/patient avec ce livre, mais aussi avec la montée en puissance de l'attitude consumériste de patients qui veulent "tout, tout de suite".

D'où, peut-être, cette boutade lancée sur les réseaux sociaux, "à quand un titre 'les patients sont-ils des emmerdeurs ?'".

(Source AFP)

 

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