Cour suprême d’Autriche inflige une amende à l’ancienne ministre de l’Intérieur homophobe

9 avril 2026

La Cour suprême de Finlande a condamné l’élue du Parlement finlandais et ancienne ministre de l’Intérieur Päivi Räsänen, jeudi, pour incitation à la haine envers les homosexuels, à une amende équivalant à 20 fois le montant d’un « jour d’amende » de 90 euros chacun, soit au total 1.800 euros. Le motif invoqué par les juges était un pamphlet rédigé par la députée chrétienne de 66 ans intitulé : « Homme et femme – Il les a créés. Les rapports homosexuels remettent en cause le concept chrétien de l’humanité ». Räsänen est punie pour avoir publié, pour la première fois en 2007, ce pamphlet et, en 2019 sur Facebook puis en 2020 sur son site Internet, l’avoir remis en ligne. La décision a été rendue à une voix près, avec 3 voix pour et 2 contre.

Le évêque évangélique Juhana Pohjola a également été condamné à 20 jours d’amende, car la fondation conservatrice « Finnische Luther-Stiftung », qu’il dirige, avait aussi rendu le pamphlet accessible au public. La fondation doit en outre payer une sanction financière d’entreprise à hauteur de 5.000 euros.

Le déclencheur des investigations avait été une interview radiophonique de Räsänen, datant de 2019, dans laquelle la politicienne affirmait que l’homosexualité – si elle est innée – pourrait constituer une dégénération génétique. Le parquet a alors porté plainte et reproché à la parlementaire d’avoir encouragé à la haine dans plusieurs textes, notamment sur Twitter. L’accusation réclamait au total 120 jours d’amende contre Räsänen et 60 jours d’amende contre Pohjola. En première instance, les prévenus avaient été acquittés en mars 2022, puis l’étaient aussi lors de la procédure d’appel en novembre 2023. La Cour suprême a finalement condamné les deux prévenus uniquement pour la republication du pamphlet.

Räsänen considère les homosexuels comme globalement malades

Dans son texte, Räsänen affirme notamment que les preuves scientifiques démontrent sans équivoque que l’homosexualité est une perturbation du développement psychosexuel. Toutefois, selon elle, les homosexuels pourraient, par un « traitement », mener une vie « normale et hétérosexuelle ». Elle a nié que l’homosexualité soit une variation naturelle et saine de la sexualité. Le tribunal a ainsi conclu que, de ce raisonnement, elle déduisait que les homosexuels étaient moins valables que les hétérosexuels et qu’elle avait insulté une minorité sur la base de son identité sexuelle.

Räsänen s’est présentée comme une victime de la justice dans sa première réaction. Elle s’est dite déçue que le tribunal n’ait pas reconnu son droit fondamental à la liberté d’expression. La chrétienne avait auparavant toujours insisté sur le fait qu’elle s’appuyait sur la Bible et qu’elle rapportait fidèlement ses positions. Dans sa décision, toutefois, la Cour suprême a précisé que ne sont pas punies ses opinions religieuses, mais que ses opinions sociopolitiques et médicales ne bénéficiaient pas de la protection conférée par la liberté de religion. Ainsi, l’infirmière de formation médicale avait insisté sur le fait qu’elle parlait aussi en sa qualité de médecin.

Le dossier a suscité une attention internationale, notamment parce que Räsänen était soutenue par l’organisation américaine Alliance Defending Freedom (ADF), qui, notamment aux États‑Unis, mène des actions en justice types destinées à faire valoir ce qu’elle présente comme une « liberté religieuse » contre les homosexuels. Kristen Waggoner, directrice de l’ADF, a affirmé que le verdict finlandais exerçait « un effet dissuasif » sur le débat public : « La sanction d’une expression pacifique, en particulier lorsque celle-ci est fondée sur des convictions religieuses profondes, mine les fondements des sociétés libres », a‑t‑elle déclaré.

La thèse selon laquelle l’homosexualité peut être « guérie » n’est pas partagée par des organisations médicales. L’ONU, ou plus exactement l’Association médicale mondiale, a répété à plusieurs reprises que ces « thérapies » non seulement n’ont aucun effet mais peuvent aussi engendrer l’anxiété, la dépression, une faible estime de soi, la consommation de drogues, des problèmes d’intimité et même le suicide (E-llico.com l’a rappelé). (dk)

Élise Fournier