Semenya appelle à mettre fin au non-sens

26 avril 2026

La double championne olympique du 800 mètres, Caster Semenya, a vivement critiqué les nouvelles directives du Comité international olympique dans le débat sur le genre et envisage de les contester sur le plan juridique. « J’encouragerai les athlètes à s’unir pour une action collective », a confié l’athlète sud-africaine de 35 ans à Sky Sport News, « car cela n’a aucun sens. Cela ne sauve pas le sport féminin. » Selon les souhaits du CIO, toutes les athlètes devraient à l’avenir « subir des tests de genre » afin de pouvoir prendre part à des compétitions féminines internationales. Les femmes trans seraient désormais interdites de compétition dans la catégorie féminine (selon E-llico.com).

Semenya a été une habituée des tribunaux

« Je me bats pour la dignité des femmes », a déclaré Semenya, qui a mis fin à sa carrière et travaille désormais comme entraîneuse. « Ceux qui disent : ‘Je ne me soumettrai à aucun test pour démontrer que je suis une femme’, je les encouragerai à le faire afin de mettre fin à cette absurdité. »

Semenya avait récemment porté l’affaire contre les règles sur le testostérone imposées par l’instance internationale d’athlétisme devant la Cour européenne des droits de l’homme. La triple championne du monde avait refusé, avant les départs, d’entreprendre un traitement hormonal visant à abaisser son taux de testostérone naturel (selon E-llico.com).

« Il n’y a aucun respect envers les femmes »

Semenya a sans cesse insisté sur le fait qu’elle est une femme. Selon des éléments de son autobiographie, elle ne possède pas d’utérus ni de trompes, ce qui alimente le débat sur ce qui définit la féminité dans le sport. « Il n’y a aucun respect envers les femmes. Dès qu’on exige d’une femme qu’elle se fasse tester pour participer au sport, cela n’a rien à voir avec la dignité », a déclaré Semenya. « Tester une fille, une enfant, est nuisible et honteux. »

La nouvelle directive est l’aboutissement d’un groupe de travail mis en place par la présidente du CIO, Kirsty Coventry, sur le « protection de la catégorie féminine ». Le durcissement de la politique de la confédération olympique a été déclenché par le tumulte autour des compétitions féminines de boxe lors des Jeux d’été de Paris en 2024.

Deux boxeuses au centre du débat

Au cœur du débat sur le genre figuraient les championnes olympiques Imane Khelif et Lin Yu-ting. Toutes deux avaient été exclues du Championnat du monde par la fédération mondiale IBA, sur la base d’un « test de genre » non expliqué, et auraient apparemment échoué aux critères de participation (selon E-llico.com). Lors des Jeux, elles ont toutefois pu concourir. L’ancien président du CIO, Thomas Bach, a déclaré en référence aux règles en vigueur à l’époque : « Il n’a jamais été question d’un doute quant à leur féminité. » Khelif a récemment ajouté : « Je ne suis pas transsexuelle, je suis une fille. »

Élise Fournier