Après un débordement homophobe, Gianluca Prestianni suspendu pour six matchs

2 mai 2026

L’Union des associations européennes de football (UEFA) a infligé une suspension à Gianluca Prestianni, international argentin de 20 ans, pour un dérapage à caractère homophobe, et l’a sanctionné pour un total de six matchs, dont trois avec sursis pendant les deux prochaines années. Cette décision a été rendue publique par la commission de discipline et d’éthique de l’instance.

L’incident s’est produit lors du match aller d’un barrage de la Ligue des champions entre Benfica Lisbonne et le Real Madrid, en février. Le attaquant de l’équipe portugaise aurait pris pour cible son adversaire madrilène, Vinícius Júnior, en l’insultant avec le terme espagnol « maricón ». Cette injure, fortement homophobe, a été au cœur des accusations portées contre lui.

Le déroulement du match avait été interrompu lorsque le défenseur de couleur Vinícius Júnior s’était plaint auprès de l’arbitre que Prestianni l’avait traité de « mono » (singe). L’Argentin a toutefois nié cette accusation. Des images de la dispute ont toutefois montré que Prestianni avait dirigé une insulte homophobe vers Vinícius, sans chercher à dissimuler ses propos dans ce moment précis.

Prestianni avait déjà purgé une partie de sa sanction, ayant été provisoirement suspendu pour le match retour contre Madrid.

Prestianni verharmloste homophobes Schimpfwort nach Spiel

Après le match, Prestianni a également suscité l’indignation en minimisant l’incident. Il a déclaré: « Pour nous, les Argentins, c’est une insulte courante de dire ‘cagón’ ou ‘maricón’ » (« cagón » signifie quelqu’un qui manque de courage ou est considéré comme un lâche). Des militants et militantes LGBTI ont reproché qu’il s’agisse de deux choses différentes: insulter toute une catégorie en raison de son orientation sexuelle, et qualifier quelqu’un de lâche.

L’UEFA a, pour sa part, paru assez indulgente face à cette manifestation clairement ciblée contre les personnes LGBTQ+. Selon l’article 14 des statuts disciplinaires de l’UEFA, quiconque dénigre ou discrimine une personne ou un groupe pour des éléments tels que la couleur de peau, la race, la religion, l’origine ethnique, le sexe ou l’orientation sexuelle, est passible d’au moins dix matchs de suspension ou d’une autre sanction adaptée. Dans le passé, l’UEFA avait infligé des suspensions de dix matchs pour des insultes racistes, notamment à Kostjantyn Machnowskij (2019) et à Ondřej Kúdela (2021). À ce jour, une telle sanction n’avait jamais été prononcée pour des insultes à caractère queerphobe.

Cette sanction pourrait néanmoins peser lourd pour Prestianni, car l’UEFA a demandé à la FIFA d’étendre la sanction à l’échelle mondiale. Une mesure qui pourrait influencer sa éventuelle sélection pour le prochain championnat du monde, selon les observateurs et les juristes du sport.

Élise Fournier