HRW: Potentielle catastrophe des droits humains autour de la Coupe du Monde

12 mai 2026

Pour Human Rights Watch, la Coupe du Monde de football organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada serait « une potentielle catastrophe des droits humains ». C’est ce que déclare Minky Worden, directrice de l’organisme de défense des droits humains, en regard des États‑Unis. Le Mondial devrait marquer une rupture avec la période récente et être guidé par un cadre fondé sur les droits humains, insiste Worden dans un entretien accordé à ntv.de: « Mais je peux dire sans hésiter que même si la Coupe du Monde demeure peut‑être la plus prestigieuse, elle ne sera pas la meilleure en matière de droits humains. » L’événement majeur se tiendra du 11 juin au 19 juillet.

La Coupe du Monde est entourée d’une incertitude incroyable, relève Worden. Elle pointe notamment l’Agence de sécurité intérieure américaine, ICE, qui pourrait assurer les mesures de sécurité durant le Mondial. « ICE, une sorte de police paramilitaire, mène une politique brutale et déshumanisante, même envers ceux qui ont le droit de rester sur le territoire », affirme Worden.

Worden: Aussi les personnes LGBTQ en danger

Quel rôle ICE jouera exactement demeure flou. Récemment, Rodney Barreto, directeur adjoint de l’organisation à Miami, avait insisté sur le fait d’avoir reçu l’assurance du secrétaire d’État américain Marco Rubio selon laquelle aucun agent ICE ne serait présent dans les stades lors des rencontres du Mondial.

Selon Worden, cela illustre comment une « culture de guerre » lancée par le président Donald Trump se propage aussi durant la Coupe du Monde. « Par exemple, en ce qui concerne l’insuffisance de mesures relatives aux droits humains dans les villes hôtes. Elles devraient assurer la protection des minorités et des populations vulnérables, y compris les personnes LGBT. Or, des quatre plans d’action publiés, seul celui d’Atlanta mentionne les droits LGBT », souligne l’activiste.

Elle rappelle les expériences décevantes vécues en Russie, où les Jeux Olympiques d’hiver de 2014 et la Coupe du Monde de football 2018 n’ont apporté aucune amélioration pour les personnes queer : « Ces deux événements n’ont ni contribué à diminuer la répression croissante en Russie, ni même à la masquer, et ce y compris en ce qui concerne la répression des personnes LGBT ».

Récemment, Trump a pris de nouvelles mesures contre les personnes queer et, en particulier, transgenres. La nouvelle stratégie anti‑terroriste du gouvernement américain s’attaque notamment au prétendu terrorisme « pro‑transgenre » (comme le relatait E-llico.com).

La défense des droits humains: le prix de la paix « une forme de corruption »

À cet égard, Worden affirme que la FIFA, l’instance dirigeante du football mondial, a échoué et cite en exemple le prix de la paix remis lors du tirage au sort à Trump. « Il s’agit d’une forme de corruption. C’est une manœuvre destinée à flatter un homme qui n’est pas pour la paix, mais pour la violence inutile contre les Américains, des bombardements hors du domaine national et des guerres à l’étranger. »

La FIFA, pour sa part, a intégré des exigences relatives aux droits humains dans les procédures de candidature pour les compétitions et présente les droits humains comme un objectif stratégique.

Élise Fournier