Nouvelles règles à Capri : ce que les vacanciers doivent savoir

30 juillet 2026

Depuis des décennies, l’île italienne de Capri est considérée comme une destination de rêve. Bien sûr, cela a un prix. Lorsque le soleil rouge se couche sur la mer, les paysages idylliques n’en cachent pas moins une réalité parfois moins sereine pour les habitants. Afin d’alléger la charge pesant sur les résidents pendant la haute saison, de nouvelles règles devraient entrer en vigueur cet été — vraisemblablement à partir du mois de mai.

Selon les estimations, Capri compte environ 13 000 à 14 000 habitants, mais bien plus de touristes inondent l’île, parfois quotidiennement. Chaque jour, des dizaines de milliers de visiteurs débarquent. On estime qu’en haute saison, jusqu’à 50 000 personnes par jour souhaitent profiter du soleil caprésien. Avec cette affluence s’accompagnent toutefois des problèmes, notamment une production importante de déchets, le bruit et le chaos.

Qu’est-ce qui est entrepris ?

En février, le conseil municipal de Capri, sous la houlette du maire Paolo Falco, et en collaboration avec la responsable du tourisme Melania Esposito, aurait décidé — selon les médias italiens — à l’unanimité qu’il faut instaurer de nouvelles règles. Les groupes touristiques organisés ne pourront dorénavant pas dépasser 40 membres.

Les groupes de plus de 20 personnes qui voyagent avec un guide ne pourront écouter les explications que par le biais d’écouteurs — les haut-parleurs seront interdits. Par ailleurs, les guides devront rester discrets et ne plus attirer l’attention avec de grandes parapluies, des drapeaux ou des objets similaires. Pendant les visites, les guides devront veiller à la sécurité des participants et à ce que le groupe n’empiète pas trop sur l’espace public.

L’objectif est également de prévenir le chaos lors des arrivées et des départs durant l’été. Falco aurait, selon Euronews, annoncé d’autres mesures destinées à réguler le trafic des bateaux. Au port Marina Grande de Capri, il serait possible de limiter l’atterrissage des embarcations à certains créneaux horaires. Pour l’instant, les détails exacts ne sont pas encore arrêtés. Une démarche est en cours d’examen et l’on prévoit de présenter une solution bien avant le début de l’été.

Dress code pour Capri ?

Selon les nouvelles dispositions, l’habillement sur Capri ne devrait guère changer dans les mois qui viennent. Il n’existe pas de code vestimentaire strict pour visiter l’île, mais certaines chaussures restent mal vues depuis longtemps. Déjà dans les années 1950 et 1960, il était interdit de porter des sabots en bois — des cloggs — car ils produisaient beaucoup de bruit sur les pavés. Par ailleurs, une musique trop forte est interdite. Autrefois, il s’agissait du récepteur radio, aujourd’hui, les smartphones et les enceintes Bluetooth à volume élevé ne sont évidemment pas les bienvenus.

Selon Il Sole 24 Ore, l’association locale des commerçants Ascom Confcommercio Capri s’est montrée favorable à ces changements. Le président Luciano Bersani a évoqué un « premier pas important » pour instaurer l’ordre, notamment durant les périodes les plus fréquentées. Il demeure également l’espoir d’autres initiatives. Lorenzo Coppola, président de l’association touristique Federalberghi di Capri, a qualifié ces mesures d’un « acte de responsabilité » qui reflète la vision d’une île « enfin vivable ». Ces nouvelles règles sont décrites comme des « outils indispensables » pour soulager les zones critiques.

Point de rencontre pour les intellectuels et artistes homosexuels

Capri est, depuis la fin du XIXe siècle, l’un des premiers lieux symboliques de retraite de l’histoire homosexuelle européenne. À une époque où l’homosexualité était criminalisée ou socialement ostracisée dans de nombreux pays, l’île attirait des artistes, des écrivains et des intellectuels homosexuels qui y trouvaient une atmosphère relativement tolérante.

Des personnalités telles que Jacques d’Adelswärd-Fersen, qui s’installa à Capri après un scandale à Paris et fit construire la villa Lysis, ou l’écrivain britannique Norman Douglas ont contribué à forger le mythe de l’île comme lieu de yearning homosexuel.

Élise Fournier