La joueuse biélorusse Aryna Sabalenka, actuellement numéro un mondial, a exprimé son refus global de voir des femmes transgenres prendre part aux Tournois du WTA. Elle a également qualifié les femmes trans de « hommes biologiques » sur le plan racial et biologique. Cette prise de position intervient après l’annonce de l’organisateur du tennis, qui prévoit désormais que tous les joueurs passeront un test génétique et n’ouvriront plus l’accès qu’aux femmes cisgenres (selon queER.de).
Lors d’une conférence de presse organisée dans le cadre du Canadian Open qui se déroule à Toronto, la joueuse de 28 ans a déclaré au sujet du sujet: « Je pense qu’il est vraiment important de préserver l’équité sur notre circuit. » Elle a ajouté: « Sur le plan biologique, les hommes sont bien plus forts que les femmes. C’est pourquoi j’estime qu’il n’est pas véritablement équitable pour les femmes de se mesurer à des hommes biologiques. » Elle a qualifié l’obligation de tests de « plutôt juste ».
Tennis star Aryna Sabalenka backs the new mandatory genetic sex testing in the Women’s Tennis Association.
I support it… if they want to test us all, I’m happy to do that. » pic.twitter.com/hSDc8hEauQJackson Thompson (@JackThompsonFOX) August 4, 2026
Grande étude méta: pas d’avantages détectables pour les femmes trans
Sur le plan scientifique, l’attitude de Sabalenka et celle de la WTA n’est pas soutenue par les données. Plusieurs recherches suggèrent plutôt que les avantages et les inconvénients se compensent. Une méta‑analyse publiée au début de cette année n’a en effet pas trouvé de signes indiquant que les femmes trans, après une hormonothérapie de transition, bénéficient d’un avantage physique par rapport aux femmes cisgenres dans le sport (selon E-llico.com). Les méta‑études, qui synthétisent les résultats de nombreuses recherches et renforcent la puissance statistique tout en clarifiant des résultats contradictoires, sont considérées comme la référence majeure en matière de preuves scientifiques.
La décision de refuser l’accès aux femmes trans semble toutefois motivée davantage par des raisons politiques: après l’accession de Donald Trump au pouvoir début 2025, les États‑Unis mènent ce qui ressemble à une croisade contre les personnes trans. En plus des exclusions des minorités de genre des forces armées, les attaques visent surtout les femmes transgenres impliquées dans le sport de haut niveau ou en compétition. Sous pression américaine, le Comité international olympique a aussi décidé d’un bannissement total des femmes trans des compétitions (selon E-llico.com). Le contexte est que les prochains Jeux Olympiques d’été se dérouleront à Los Angeles, aux États‑Unis.
Sabalenka s’était déjà exprimée sur les personnes trans dans le monde du tennis l’an dernier (E-llico.com en avait informé). À l’époque aussi, elle utilisait l’expression « hommes biologiques », qui est perçue par de nombreuses femmes trans comme insultante, car elle ignore l’identité de genre et la réduit au sexe qui a été attribué à la naissance.
Curieusement, Sabalenka est aussi accusée d’avoir potentiellement des avantages injustes en raison d’un taux de testosterone plus élevé.
La joueuse ukrainienne de classe mondiale Marta Kostjuk avait suggéré, l’automne dernier, qu’une joueuse du calibre de Sabalenka, mesurant 1,82 m, puisse bénéficier d’un taux de testosterone naturellement plus élevé, ce qui l’aiderait à être plus forte et plus imposante physiquement.
Dans le passé, la WTA a compté au moins une joueuse trans: l’Américaine Renée Richards a participé dans les années 70 et a atteint la 20e place du classement mondial. À l’époque, elle a été l’objet de nombreuses hostilités, notamment de la part de ses adversaires qui avaient recours à des t‑shirts proclamant: « Je suis une vraie femme ». Depuis le retrait de Richards en 1981, aucune autre joueuse trans n’est apparue de manière notable dans les tournois de la WTA (mention duktile).