A Hambourg, avec une participation record d’environ 300 000 personnes, les participant·e·s au Christopher Street Day (CSD) ont, samedi, envoyé un message clair contre la haine et l’exclusion. La police et les organisateurs l’ont confirmé de concert. L’an passé, environ 260 000 personnes étaient venues; cette année, on estimait entre 250 000 et 260 000 participant·e·s. La 46e démonstration du CSD portait le slogan « Solidaires, queer. Affirmer sa position – pour un avenir sans peur ! ».
La parade s’est tenue à peine une semaine après l’attaque islamiste sur le CSD berlinois, où un jeune homme de 21 ans avait foncé avec un véhicule léger dans une foule et aurait, apparemment, attaqué d’autres personnes avec une machette. Une femme originaire de Pologne est décédée, 31 personnes ont été blessées. L’auteur de l’attentat a été abattu le soir même lors d’une intervention policière (live blog sur l’attaque du CSD).
Des responsables politiques affichent leur solidarité
Le cortège a emprunté le quartier de St. Georg, passant par le Steindamm et la Mönckebergstraße jusqu’au pont Lombardsbrücke pour rejoindre le centre-ville. Environ 150 collectifs et près de 60 camions ont pris part — selon les organisateurs, autant que jamais. Parmi les groupes représentés figuraient notamment Queere Familien Hamburg, le club sportif Startschuss, la chorale Schola Cantorosa et les « Oma s contre la droite ». De grandes entreprises comme Lufthansa Technik, Vattenfall, Beiersdorf et Eurowings sponsorisaient des camions, et la participation s’étendait aussi à la Fire Brigade, à l’Église évangélique, à l’association régionale du travail hospitialier et palliatif et à l’Université clinique d’Eppendorf. Un « camion Inclusion CSD » offrait des places à bord pour les personnes en fauteuil roulant. Côté partis, le SPD, les Verts, Die Linke, le FDP et Volt étaient représentés. Des dizaines de bénévoles et plus de 300 stewards appuyaient l’organisation.
Ancrée en tête du cortège, on retrouvait notamment Katharina Fegebank (Verts), la deuxième bourgmestre de Hambourg, Carola Veit (SPD), la présidente du Bürgerschaft, le sénateur des Finances Andreas Dressel (SPD), le chef de groupe SPD au Bundestag Matthias Miersch, la déléguée fédérale pour les questions queer Sophie Koch (SPD) et la drag queen Olivia Jones. Étaient également présents la ministre du Travail, Bärbel Bas (SPD), et l’ancienne présidente fédérale des Grünen, Ricarda Lang. Le Berliner CSD e.V. participait avec son propre camion. La sénatrice berlinoise des Affaires sociales, Cansel Kiziltepe (SPD), était aussi sur place. « L’objectif est désormais de soutenir la communauté queer à ses côtés », a-t-elle déclaré. « L’attentat ne doit pas pousser les personnes queer à se retirer par peur ou à devenir moins visibles. »
Olivia Jones : « Nous ne nous laisserons pas abattre »
Olivia Jones avançait avec une écharpe portant l’inscription « Maintenant, encore plus qu’avant » et défilait dans le centre-ville d’Hambourg. Sur Instagram, elle a publié une vidéo montrant la détonation d’une confettikanone qui, à midi, a donné le coup d’envoi sur Lübecker Straße: « Nous ne nous laisserons pas abattre ».
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CSD-Sprecher: « Le sentiment de solidarité de la communauté était palpable »
« Nous, en tant que communauté queer, pouvons nous soutenir mutuellement dans notre douleur sur le CSD », a expliqué Manuel Opitz, porte-parole de Hamburg Pride, à l’agence de presse. Déjà vendredi soir, l’association avait tenu une minute de silence en mémoire des victimes de l’attaque lors de l’événement de rue CSD dans le centre-ville. « Le sentiment de communauté était palpable », a-t-il ajouté. « On a vu que la société de la ville se mettait ensemble et se tenait solidement à nos côtés ». Il a souligné qu’il y avait nettement plus de personnes dans les rues qui n’étaient pas queer — parmi elles des familles avec enfants, des personnes âgées et des couples hétérosexuels. « Nous nous sentons soutenus par la société civile, nous sommes fiers de Hambourg. »
Les co-président·e·s de Hamburg Pride e.V., Jenny Saitzek et Christoph Kahrmann, ont déclaré: « Nous avons aujourd’hui, en tant que communauté queer mais aussi en tant que ville de Hambourg, envoyé un message fort et clairement affirmé: nous ne nous laisserons pas intimider. Notre réaction à la haine est la visibilité, la cohésion et la demande d’une politique qui renforce enfin notre protection. » Ils ont appelé le gouvernement fédéral à ancrer la protection des personnes queer à l’article 3 de la Constitution.
Aucun incident signalé
La police de Hambourg avait renforcé son dispositif de sécurité à la suite de l’attaque de Berlin et avait doublé le nombre de forces par rapport au plan initial. À cela s’ajoutaient des bornes en béton et des camions disposés en travers de rues. Le président de la police, Falk Schnabel, a confié au NDR que tous les dispositifs de sécurité, y compris le parcours, avaient été passés au crible une nouvelle fois. Du point de vue de la police, il n’y avait jamais eu de doute concernant la défilée elle-même, mais on ne voulait prendre aucun risque: « Tout le monde peut s’attendre à un niveau de sécurité maximal ». Une porte-parole a décrit l’ambiance de l’après-midi comme « absolument pacifique et dégagée »; aucun incident n’a été signalé. « Nous sommes très satisfaits. »
Le festival de rue CSD sur le Rathausmarkt et autour du Ballindamm se poursuit jusqu’au dimanche soir à 22 heures. (mize/AFP)