Les seniors sont plus touchés par les infections sexuellement transmissibles

22 septembre 2026

Si l’on associe les infections sexuellement transmissibles (IST) uniquement aux jeunes, on passe à côté de la réalité des clubs, des rooms sombres et des applications de rencontres : une analyse d’environ 84 000 données du RKI, réalisée entre 2019 et 2025 par le portail érotique Erobella, montre que l’âge moyen des diagnostics IST en Allemagne augmente de façon continue — et se déporte nettement vers les personnes de plus de 50 ans.
Le médian des diagnostics de syphilis est désormais de 41 ans. Près d’un tiers des nouvelles diagnostics concernent désormais des personnes de plus de 50 ans. La part des 60‑64 ans a même doublé depuis 2019. La syphilis se manifeste souvent par une plaie cutanée.
Le VIH touche aussi davantage les personnes âgées : la majorité des nouvelles diagnostics VIH concerne le groupe d’âge 35 à 39 ans. À noter : le VIH est souvent diagnostiqué plusieurs années après la transmission réelle — l’âge réel d’infection est donc généralement plus jeune.
La gonococcie (chaude-pisse), qui évolue souvent sans symptômes, se rencontre toutefois davantage chez les catégories plus jeunes. Le groupe le plus représenté est celui des 25 à 29 ans, la médiane étant autour de 32 ans. Étant donné qu’au niveau national seules les souches résistantes sont recensées, ces chiffres ne reflètent que la partie émergée de l’iceberg. Depuis 2001, il n’existe plus d’obligation nationale de signalement pour la gonococcie. Une nouvelle obligation de signalement adoptée en 2022 n’est pas encore mise en œuvre faute de système de signalement électronique.

Chiffres de cas versus risque réel par habitant

Le fait que de plus en plus de cas soient signalés chez des tranches d’âge supérieures est en partie dû à la démographie : les cohortes de baby-boomers sont tout simplement plus nombreuses. En ramenant les chiffres au risque par 100 000 habitants, la probabilité la plus élevée d’infection par les trois IST demeure néanmoins chez les 25 à 39 ans.
L’effet PrEP : celui qui se dépiste, trouve
>L’analyse met en évidence un facteur qui touche particulièrement les hommes ayant des rapports avec d’autres hommes : les personnes qui utilisent la prophylaxie pré-exposition au VIH (PrEP) se font dépister régulièrement tous les trois mois pour les IST. Les infections asymptomatiques — notamment la syphilis et la gonorrhée dans le pharynx ou le rectum — qui passeraient autrement inaperçues, sont ainsi bien plus rapidement détectées au sein de la communauté. Une augmentation des chiffres de signalement ne reflète donc pas nécessairement un comportement plus négligeant, mais résulte souvent de structures de prévention et de dépistage efficaces. La part des hommes ayant des rapports homosexuels qui utilisent la PrEP est estimée entre 97 et 99 % selon l’Institut Robert Koch.
Les résultats confirment l’approche des associations d’aide au sida qui s’orientent de plus en plus vers les personnes âgées dans leurs actions de prévention. Elles encouragent le dépistage à tout âge, car la syphilis et la gonorrhée se soignent généralement bien avec des antibiotiques, même si le développement de résistances chez ce dernier peut parfois poser des problèmes plus importants. De plus, le VIH, une fois traité, n’est pas transmissible (voir l’interview sur E-llico.com avec l’expert Holger Wicht).

Élise Fournier