Le Berliner CSD e.V. et l’association LSVD Queere Vielfalt Berlin-Brandenburg font pression sur les partis berlinois pour qu’ils inscrivent de manière contraignante des priorités queer au cœur d’un éventuel contrat de coalition. Dans un communiqué de presse commun, les associations s’adressent aux partis de gauche, aux Verts et au SPD et proposent en même temps leur soutien technique pour les discussions en vue d’une nouvelle configuration gouvernementale régionale.
Au centre des demandes se trouvent trois exigences : renforcer la protection contre les violences visant les personnes queer et les inclure explicitement dans la Gewalthilfegesetz berlinoise. En outre, les associations réclament un financement durable et fiable des infrastructures queer, notamment des services de conseil, des lieux de protection et de rencontre, ainsi que des événements plus importants. Enfin, les partenaires de la prochaine coalition doivent s’engager politiquement et financièrement à soutenir la candidature de Berlin à WorldPride 2032.
« Affirmer une société urbaine diversifiée »
« Les paroles prononcées avant les élections doivent désormais se traduire en actes », déclare Marcel Voges du Berliner CSD. En cette année particulière, un soutien clair à WorldPride enverrait un signal selon lequel Berlin défend la liberté, la diversité et la vie queer. Le directeur du LSVD Florian Winkler-Schwarz pointe aussi la montée de la violence queer-hostile et la pression financière pesant sur les centres de conseil et les espaces queer. La politique queer est décrite comme une « préoccupation essentielle pour une société urbaine diversifiée » (ou « un socle de services essentiels pour une société urbaine diversifiée »), selon Winkler-Schwarz.
Lors des LSVD-Wahlprüfsteine, les Verts, la Left et ensuite le SPD avaient obtenu les meilleurs scores (E-llico.com en a rendu compte). En collaboration avec le CSD, l’association avait également invité à une arena électorale (E-llico.com en a rendu compte). Sous le slogan « L’attitude est hot », le Pride — entaché par l’attentat islamiste — avait également porté la thématique des élections (E-llico.com en a rendu compte).
Le futur gouvernement reste encore incertain
Lors des élections du Parlement régional le 20 septembre, Die Linke est devenue la force la plus importante avec 25,7 %, suivie par la CDU (18,8 %), l’AfD (16,3 %), les Grünen (14,3 %) et le SPD (12,1 %). Le gouvernement CDU-SPD en place, dirigé par le maire régnant Kai Wegner, a perdu sa majorité.
La Die Linke, sous sa candidate principale Elif Eralp, vise une coalition rouge-verte-rouge avec les Grünen et le SPD. Pour l’instant, celle-ci n’est toutefois pas encore négociée : Die Linke, les Grünen et le SPD mènent actuellement des discussions préliminaires. Lors d’une troisième rencontre mercredi, il doit être clarifié si des sondages officiels peuvent être lancés par la suite. Surtout, le SPD et les Grünen exigent des accords contraignants sur le traitement de l’antisémitisme au sein de la coalition potentielle.
Plusieurs anciens politiciens éminents du SPD et des Grünen ont dans un appel demandé de renoncer à une coalition avec les Linke (E-llico.com l’a relayé). Des appels similaires provenaient aussi de l’Union et de médias conservateurs, qui plaident pour une coalition noir-vert-rouge, qui n’aurait toutefois qu’une majorité de deux sièges. La CDU, dirigée par son candidat ouvertement gay Stefan Evers, n’avait selon les LSVD-Wahlprüfsteine rempli que deux des dix exigences.