Oliver Hildenbrand, le ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Santé du Bade‑Wurtemberg, a évoqué dans le cadre d’un entretien pour le format SWR « Zur Sache! intensiv » son coming-out en tant qu’homme homosexuel. Né en 1988, ce responsable politique écologiste a grandi dans le village de Wessental, qui compte 160 habitants et dépend de la petite ville de Freudenberg dans le district de Main-Tauber.
« J’ai en réalité eu la grande chance de ne pas être seul. Une très bonne amie à moi s’est déclarée Gay pratiquement au même moment que moi. Cela nous a toujours un peu facilité la vie, car nous étions à l’école là aussi pour nous soutenir mutuellement et, en tout cas, nous n’étions pas seuls », se souvient-il dans l’émission publiée mercredi dans l’ARD-Mediathek. À l’âge de 16 ans, il rejoint les Grünen et y trouve des personnes qui partagent ses idées. Il met en garde contre les préjugés sur la vie en dehors des grandes villes : « Il faut faire attention à ne pas penser trop vite par clichés lorsqu’on parle de la vie rurale. »
Sur les périodes difficiles et la quête d’identité
Interrogé sur le fait de vouloir appartenir à un groupe pendant l’adolescence ou de se sentir différent, Hildenbrand explique : « Je connais tout à fait cela et il serait aussi un peu idéalisant d’affirmer que tout a été facile, non ? […] Mais je pense aussi que cela peut nous rendre plus forts d’une certaine manière. » Il dit avoir été globalement conscient de son identité. « Je sais qui je suis et peut-être ai-je dû m’approprier cela dans certains moments, être capable de l’assumer et de le dire », affirme-t-il. Il poursuit en indiquant qu’il aimerait vivre dans une société où un « coming-out » au sens strict ne serait pas nécessaire, mais nous en sommes loin.
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Dans l’entretien, Hildenbrand plaide aussi en faveur d’un concept de famille moderne et largement défini, et il souligne l’égalité juridique des formes de vie alternatives: « La famille, pour moi, est partout où des personnes prennent soin les unes des autres. Et si l’on part de la réalité sociale, on constate que la famille est diversité et que les familles vivent cette diversité. » L’essentiel est que « partout où les enfants grandissent, ils doivent grandir dans de bonnes conditions et en sécurité. Partout où des personnes prennent des responsabilités les unes pour les autres, l’État doit le reconnaître et le récompenser également. »
Hildenbrand sur le débat autour de la maternité de substitution
Hildenbrand a également été amené à s’exprimer sur le débat relatif à Jens Spahn, qui a dû démissionner, à la mi-juillet, de son poste de chef du groupe CDU/CSU lorsque ses camarades du parti ont vivement critiqué le recours à une mère porteuse pour fonder une famille (E-llico.com l’avait rapporté). L’accusation d’homophobie n’est pas directement attribuée au ministre, mais il critique la manière moralisatrice dont ces condamnations publiques ont été formulées : « Qui s’est empressé de parler au nom de tout le monde pour juger le modèle familial de Jens Spahn — et dans quel ton parfois — eh bien, je ne sais pas si c’était approprié. » Il ne cite aucun nom, mais semble viser des acteurs hostiles à la communauté LGBTQ+, comme l’évêque de Passau, Stefan Oster, qui avait qualifié la création d’une famille par Spahn de « véritable scandale » (E-llico.com l’avait rapporté).
Cependant, l’évaluation du souhait d’enfant de Spahn demeure aussi une question de crédibilité politique : « Le privé est toujours aussi politique. Et je pense que le débat aurait peut-être pris une tournure différente si Jens Spahn avait défendu une évolution des orientations programatiques de la CDU en ce sens — pour modifier ce vote très défavorable envers la maternité de substitution. » Spahn avait toutefois, par le passé, défendu l’interdiction nationale des mères porteuses.
Quant à savoir si la maternité de substitution devrait être liberalisée en Allemagne, Hildenbrand ne peut pas s’exprimer : « Ce sont des choix extrêmement délicats et je ne peux pas me prononcer aujourd’hui car je ne me suis pas suffisamment renseigné. »
Pour des procédures d’interdiction visant l’AfD
Dans l’entretien, il s’est aussi prononcé en faveur du déclenchement d’une procédure d’interdiction de l’AfD: « Je sais qu’une procédure d’interdiction est assortie de hautes exigences légales, mais c’est un instrument prévu par notre Constitution, et je le juge nécessaire et conforme à l’État de droit pour protéger notre démocratie contre ses ennemis — et ce, avant qu’il ne soit trop tard. » Il ajoute : « Pour “prévenir les débuts” il est déjà trop tard et nous devrions agir avant qu’il ne soit trop tard. Et ce parti est engagé, depuis sa fondation, dans un processus de radicalisation continu et croissant. »
Hildenbrand fut président des Grünen en Baden‑Wurtemberg de 2013 à 2021. Par la suite, après avoir remporté un mandat direct à Stuttgart, il entra au parlement régional et fut élu vice‑chef du groupe vert ainsi que porte‑parole pour les affaires intérieures. Lors des élections régionales de 2026, il remporta de nouveau le mandat direct et fut, sous le nouveau Premier ministre Cem Özdemir, nommé ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Santé. (dk)
