À Berlin, les cas de mpox ont doublé.

28 décembre 2025

Cette année, à Berlin, le nombre de personnes infectées par Mpox a doublé par rapport aux deux années précédentes. À ce jour, 186 cas ont été signalés, selon l’Office régional de la santé et des affaires sociales (Lageso). Il s’agissait presque exclusivement d’hommes (185). L’âge médian était de 35 ans. Environ sept sur dix des personnes touchées (71 %) estiment s’être infectées lors de rapports sexuels avec des hommes.

Mpox est une maladie rare et se transmet par contact corporel étroit, notamment lors du sexe. Le risque de transmission est particulièrement élevé lorsqu’on entre en contact avec les lésions cutanées typiques des personnes infectées par le Mpox (cloques ou croûtes). Une transmission par gouttelettes est également possible, donc par la salive. Le virus provoque surtout des éruptions cutanées, mais aussi de la fièvre et des douleurs musculaires. En mai 2022, des cas ont été détectés pour la première fois en Allemagne. Il n’y a eu, selon le RKI, aucun décès jusqu’à présent.

Pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et qui changent fréquemment de partenaire, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime le risque d’infection par Mpox comme modéré. Pour d’autres segments de la population, le risque est estimé comme faible.

Premier cas de clade Ib à Berlin

La plus grande épidémie de Mpox à Berlin a été observée en 2022. À l’époque, plus de 1 600 cas de Mpox confirmés par laboratoire y ont été recensés. Par la suite, les chiffres ont nettement diminué, avec 68 cas en 2024 et 87 cas en 2023.

Jeudi, le Lageso a annoncé qu’à Berlin, pour la première fois, un cas de Mpox de la variante clade Ib avait été détecté. Jusqu’à présent, Berlin n’avait enregistré que des cas de la clade II. L’homme aurait entre 35 et 40 ans et serait tombé malade le 8 décembre, présentant fièvre, l’éruption cutanée typique et un gonflement des ganglions lymphatiques. Selon les informations, la personne n’était pas vaccinée contre Mpox. Le service de santé compétent a ordonné une isolation à domicile. L’homme aurait été probablement infecté à l’étranger en Europe et a indiqué des rapports sexuels avec des hommes comme moyen probable d’infection.

Aucun signe de forme plus grave

En Allemagne, depuis octobre 2024, 16 cas de clade Ib ont été signalés au RKI, dont 9 cette année, y compris le cas berlinois. Certains experts estiment que la clade Ib mènerait en moyenne à des évolutions plus graves que la clade II. Le Lageso explique: « À ce jour, il n’existe aucune indication selon laquelle les infections par Mpox de la clade 1b, observées en Europe, présentent un potentiel de propagation accru ou une gravité plus élevée. » Le RKI ne prévoit pas non plus en Allemagne une augmentation du risque.

Transmission principalement lors du sexe

Certaines populations en Allemagne se voient recommander une vaccination contre le Mpox. Il s’agit notamment des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et qui changent fréquemment de partenaire, ainsi que des travailleuses et travailleurs du sexe. Pour une immunisation de base, deux doses sont nécessaires. La vaccination est proposée depuis l’été 2022.

La part des infectés sans vaccination était à Berlin nettement plus élevée cette année que les années précédentes, explique l’épidémiologiste des infections Claudia Ruscher. Elle est la directrice intérimaire du groupe de surveillance et d’épidémiologie des maladies infectieuses au Lageso. 44 pour cent des infectés n’étaient pas vaccinés cette année. En 2024, 32 pour cent n’étaient pas vaccinés, 2023, 29 pour cent.

Pour l’évolution, il existe plusieurs explications, affirme Ruscher. D’une part, il peut exister des groupes que les campagnes de vaccination n’atteignent pas bien. D’autre part, Berlin accueille une grande et internationale communauté MSM, c’est-à-dire des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Chaque année, de nouvelles personnes viennent s’installer dans la capitale et apportent ainsi de nouveaux sujets à risque potentiels qui n’étaient pas atteints auparavant.

Berlin détient le plus grand nombre de cas en Allemagne

« À Berlin, il existe une scène très libérale et sex-positiva. Cela offre beaucoup de potentiel de transmission », explique l’épidémiologiste des infections. Il y a de nombreux grands événements et de nombreux endroits où des rapports sexuels peuvent être tenus de manière anonyme. Tous ces éléments expliquent pourquoi Berlin affiche, au niveau national, le plus grand nombre de cas de Mpox. « Il serait utile, avant les grands événements internationaux, surtout lors du mois des fiertés, de sensibiliser de manière proactive à la vaccination. »

Spécialiste: il faut rester vigilant sur la maladie

Par rapport à d’autres maladies infectieuses, les cas de Mpox restent rares. Pourquoi est-il pourtant important de surveiller l’agent pathogène ? Le Mpox demeure une maladie encore nouvelle, pour laquelle on dispose de peu de données sur la sévérité de la maladie ou son évolution, explique Ruscher. Même s’il y a peu de cas, il faut donc suivre l’agent. Si l’agent évoluait, si d’autres groupes de population étaient infectés ou si la transmissibilité changeait, il est important d’être tenu informé.

Élise Fournier