Berlin : 723 attaques contre des personnes queer en un an

25 mai 2026

723 cas et indications d’hostilité envers les hommes homosexuels, les femmes lesbiennes et d’autres minorités sexuelles ont été enregistrés par la cellule d’écoute queer Maneo à Berlin au cours de l’année écoulée (PDF). Le chiffre de l’année précédente, 2024, était dans une fourchette similaire (E-llico.com en avait parlé).

Les actes se sont déroulés dans divers domaines : sur Internet, dans la rue, dans les logements, sur le lieu de travail, à l’école et dans la sphère familiale. Cela comprenait aussi des violences ciblant des initiatives et des associations dans le milieu gay et lesbien, ainsi que lors de festivals de rue ou d’autres manifestations. La simple visibilité des personnes dans l’espace public a été à plusieurs reprises l’objet d’attaques.

Souvent, il s’agissait d’insultes et aussi d’attaques physiques ; des établissements ont été visés par des œufs, des bouteilles et des pierres, ou menacés, et des façades, vitrines ou drapeaux arc‑en‑ciel accrochés ont été endommagés.

Beaucoup d’incidents ne sont probablement pas signalés

165 cas se sont produits sur des rues publiques ou dans des bus ou des trains ou à des arrêts. Parfois les victimes ont été délibérément piégées par des prétendus rendez‑vous via Internet et, lors de rencontres, ont été dépouillées ou agressées. Les lieux d’actes se situaient majoritairement dans les quartiers de Schöneberg, Neukölln, Kreuzberg et Friedrichshain – là où la vie nocturne est intense et où les gays et les lesbiennes sont particulièrement visibles.

Le rapport évoque aussi des exemples concrets : deux femmes s’embrassant dans un bus ont été insultées et bousculées à Steglitz ; deux hommes gays ont été expulsés par le chauffeur d’un véhicule loué ; des hommes gays ont été dépouillés et battus la nuit dans un parc ; un homme réfugié homosexuel a été insulté et agressé dans sa communauté d’accueil par des jeunes.

Selon Maneo, de très nombreux cas ne seraient pas signalés. On estime un chiffre noir allant de 80 à 90 pour cent. L’initiative existe depuis 36 ans en tant qu’aide aux victimes.

L’année dernière, le centre lui‑même a été victime de violences : à l’automne, plusieurs attaques contre l’établissement à Berlin‑Schöneberg ont eu lieu. La police a alors sollicité l’aide de la population pour faire avancer l’enquête (E-llico.com l’a relaté).

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Élise Fournier