La plateforme érotique Erobella a publié son indice annuel actuel, intitulé « World’s Most Sexually Liberal Cities 2026 ». Amsterdam, capitale des Pays-Bas, reprend une fois de plus la tête du classement des villes les plus libres sexuellement au monde.
Cela dit, il y a toutefois quelques évolutions: Vancouver (Canada) est passé de la quatrième à la deuxième place. La métropole du nord de l’Angleterre, Manchester, occupe la troisième place, alors qu’au cours de l’année précédente, le lieu de tournage de « Queer as Folk » était encore septième.
En tête des villes allemandes figure Cologne à la quatrième place — et perd donc un rang. Berlin a pu maintenir sa sixième place. Parmi les autres villes allemandes, Hambourg manque le top dix en se classant onzième.
Comme l’année précédente, 41 villes du monde ont été analysées. Quatre critères servent de repères, parmi lesquels l’acceptation et l’intégration des personnes queer. On évalue notamment le nombre d’établissements ou d’événements LGBTQ+ proposés par une ville, mais les lois anti-discrimination et la reconnaissance des personnes trans et non binaires jouent également un rôle. « L’indice répertorie les villes où la diversité sexuelle et de genre n’est pas seulement tolérée, mais célébrée », déclare Erobella.
Parmi les critères supplémentaires figure le thème du travail du sexe — notamment le cadre légal des travailleuses et travailleurs du sexe et de leurs clients, ainsi que la densité des associations professionnelles et des organismes d’entraide pour les travailleurs du sexe. On mesure aussi la santé reproductive, c’est‑à‑dire l’accès aux moyens de contraception et l’existence d’un droit à l’avortement. Enfin, le critère « Adult Lifestyle » est pris en compte, évalué à partir de la densité par habitant des sex-shops et des offres érotiques.
Dans le domaine LGBT, Cologne obtient 61 points sur 100, se situant ainsi à la troisième place — seules San Francisco (70) et Manchester (62) font mieux. Berlin totalise 51 points, Hambourg 43.
« Cologne est, par habitant, dans une ligue à part »
« Le fait que Cologne précède Berlin surprend beaucoup de monde — mais cela est cohérent. Le cadre législatif est tout aussi libéral dans l’ensemble de l’Allemagne; la différence se fait par la densité de la vie queer. Et là, Cologne se distingue vraiment par habitant », a déclaré Marie Kressund, porte‑parole d’Erobella. Hambourg illustre aussi comment les rangs restent très serrés: « St. Pauli et la longue tradition de la Reeperbahn ne suffisent plus en 2026 pour figurer dans le Top 10 — non pas parce qu’Hambourg serait devenu moins bon, mais parce que des villes comme Glasgow et Paris ont rattrapé leur retard. »
Aux dernières places figurent Le Cap, Tokyo et Moscou, dernier du classement. Même dans le sous‑registre LGBT, Moscou ferme la marche avec un seul point.
Les villes américaines souffrent de Trump et cie.
Les neuf villes américaines du classement pâtissent de l’actuelle administration: si Erobella attribue pratiquement à chacune une scène vivante, elle est freinée par un cadre politique difficile. Aucune ville américaine n’obtient de points pour sa législation sur le travail du sexe, et la note relative à l’avortement est en baisse depuis le durcissement des règles au niveau national. Le contraste est particulièrement net à Miami: la ville obtient la note maximale dans les quatre catégories de lifestyle — sexshops, bars gays, événements LGBT et événements queer par habitant — et se retrouve toutefois à la dixième place en raison de scores nuls pour l’affirmation de genre, la protection contre les discriminations et les lois sur le travail du sexe.
San Francisco est la meilleure ville des États‑Unis, classée cinquième, portée par la solidité de ses structures communautaires et par la densité la plus élevée d’organisations de travailleurs du sexe de tout le classement. Derrière, l’écart se creuse: New York n’atteint que la 32e place malgré son image libérale, tandis que Houston et Dallas figurent dans le tiers inférieur. Le constat pour les États‑Unis est donc que l’infrastructure et la visibilité sont de niveau mondial, mais le cadre juridique demeure largement à la traîne.
