Le 11 juin 2026 commencera la Coupe du monde de la FIFA — organisée conjointement par les États‑Unis, le Canada et le Mexique, répartie sur 16 villes hôtes. Pour de nombreux fans de football, c’est la plus grande fête sportive de la décennie. Pour les personnes queer, une question pressante se pose : à quel point ce tournoi est‑il vraiment sûr ?
La situation dans les trois pays hôtes
Sur le plan juridique, il existe de grandes différences entre les pays. Le Canada est très avancé en matière de droits LGBTI. Ainsi, les mariages entre personnes de même sexe sont légaux depuis 2005 et la protection contre la discrimination est inscrite au niveau fédéral.
Le Mexique, sur le papier, a progressé. Dans tous les États, le mariage entre personnes de même sexe est légal. Dans la pratique toutefois, les personnes queer, et surtout les personnes trans, subissent une violence au quotidien. Des organisations de défense des droits humains soulignent que les autorités publiques poursuivent rarement ces violences de manière systématique.
La situation aux États‑Unis est particulièrement compliquée. Les lois étatiques varient considérablement, mais depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, le climat politique pour les personnes queer s’est nettement dégradé. De nombreux décrets présidentiels ont ciblé les droits des personnes trans, y compris des restrictions sur les traitements médicaux de transition pour les mineurs. Dans l’indice Spartacus Gay Travel, les États‑Unis passent de la 41e place en 2024 à la 48e place en 2025.
Avertissements de voyage et appels au boycott visant les personnes queer
Ces évolutions ont des répercussions concrètes sur le tournoi. Three Lions Pride, le groupe officiel LGBTI des supporteurs de l’équipe nationale anglaise, a annoncé qu’il ne serait pas visible lors de la Coupe du monde 2026. Dans leur communiqué, ils parlent d’un « recul dangereux des droits humains » aux États‑Unis.
Les Queer Football Fanclubs (QFF) ainsi que Football Supporters Europe déconseillent à leurs membres de voyager. Le porte‑parole du QFF, Sven Kistner, a déclaré publiquement avoir « de sérieuses inquiétudes concernant la sécurité des personnes queer qui se rendraient aux États‑Unis ». S’ajoute à cela que les interdictions de voyage et le renforcement des contrôles de visa pourraient toucher les fans internationaux, sans que la FIFA ait jusqu’à présent donné de garanties claires de protection.
Celles et ceux qui souhaitent néanmoins suivre la Coupe du monde avec attention, que ce soit en tant que visiteurs ou depuis chez eux, peuvent accompagner les rencontres sur le plan sportif. Avec le Quotenboost de MERKUR BETS, il est possible de faire des pronostics sur les matches du Mondial avec des cotes de pari améliorées, ce qui intensifie l’expérience du tournoi à sa manière propre.
Un tournoi à deux visages
Malgré toutes les inquiétudes, il existe aussi des voix critiques. Pride House International prévoit d’établir dans chacune des 16 villes hôtes des lieux d’accueil dédiés pour les fans queer, les sportifs et les alliés; ces lieux doivent devenir des espaces sûrs pour l’échange et le vécu commun. Le footballeur professionnel américain Collin Martin, le seul joueur actif ouvertement gay dans le football masculin américain, espère une Coupe du monde plus ouverte et plus inclusive que toutes les éditions précédentes.
C’est une image ambiguë. Le Mondial 2026 porte le potentiel de créer de la visibilité et de lancer des débats. En même temps, il se déroule dans un contexte politique qui expose les personnes queer à des risques réels. Savoir si le tournoi représentera finalement une opportunité ou un danger pour les droits LGBTI dépendra de la façon dont la FIFA, les villes hôtes et la société civile agiront ensemble.
La Coupe du monde 2026 n’est pas un événement politiquement neutre et ne l’a jamais été. Pour les personnes queer, il y a plus en jeu que le résultat d’un match de football. Les mois à venir diront si la promesse d’une Coupe du monde ouverte et inclusive sera tenue ou restera seulement sur le papier.