L’érotisme à la télévision est une affaire délicate. Le service de streaming RTL+ et RTLzwei — la chaîne privée allemande, connue pour ses reality-shows et ses docu-ensembles, installée à Grünwald près de Munich — tentent désormais une approche inédite dans ce domaine en misant sur la sexualité plutôt que sur la rencontre par le seul dialogue. Cependant, on ne montre pas trop ce qui serait tabou pour des raisons de protection des mineurs.
Il s’agit sans doute de l’une des expériences télévisuelles les plus audacieuses de l’année: la série RTLzwei « Maison Tabou » (première diffusion à la télévision tard le 30 septembre; toutes les saisons disponibles sept jours en avance sur RTL+, le premier épisode étant donc en ligne depuis le 23 septembre).
« Maison Tabou » prend forme grâce à une collaboration entre la société de production Ufa Show & Factual et une marque érotique proposant du merchandising et des sextoys.
Une tension sexuelle peut-elle vraiment se transformer en désir ?
Au cœur du format se pose la question que bon nombre de spectateurs se posent aussi dans la vie réelle après une nuit sans lendemain: peut naître, d’une expérience initialement purement sexuelle, quelque chose de plus?
Ou, comme les créateurs le formuleraient: « Est-ce qu’entre deux personnes peut naître une véritable connexion lorsque les attentes et les conventions classiques du dating passent au second plan ? »
Voici comment cela se déroule
Tout commence par une arrivée anonymisée: les participants entrent dans une sorte d’hôtel et abandonner leur nom et leur identité du quotidien lors de l’enregistrement. Ils choisissent un nom de fantaisie et se voient attribuer une chambre. Puis l’action débute: après avoir un peu conversé et s’être préparés — avec un déguisement ou des tenues liées à des goûts Fetish — l’objectif est ensuite de les mettre en binôme afin de rechercher une proximité physique. À l’issue, vient la révélation: ce n’est qu’au petit-déjeuner du lendemain que les masques tombent (parfois littéralement) et que les véritables identités sont dévoilées. Par la suite, les couples décident s’ils souhaitent continuer à se voir et à interagir.
La narration est assurée par la voix-off « Madame ». Quant au visage des célibataires et des spectateurs, il reste caché: la mystérieuse maîtresse des lieux n’apparaît pas à l’écran.
La vague sex-positive s’affirme dans le mainstream
Dans l’épisode pilote, on retrouve notamment Ray (30 ans), musclé et qui se qualifie de pansexuel, affirmant « je suis attiré par les personnes ». Le candidat brésilien ne sera sans doute pas inconnu pour certains: il a déjà participé à la quatrième saison du reality RTL+ « Make Love Fake Love » ainsi qu’à l’émission de rencontres de Vox « First Dates ».
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|La candidate Aurora (36 ans) raconte qu’elle apprécie le sensuel, « pas ce battage inutile et vulgaire »: « J’ai besoin de sécurité. » Elle se fait attacher les yeux bandés par Noel (28), qui affirme apprécier une certaine maturité et déclare (« Avec une jeune fille dans la vingtaine, je ne pourrais rien faire »), et notamment se faire fouetter.
« Maison Tabou » s’inscrit dans la tendance sex-positive qui est encore souvent marginalisée dans les médias grand public. Il s’agit de surmonter la honte, de mettre en place le consentement et de respecter différentes orientations sexuelles. La sexualité est perçue comme quelque chose de naturel et de beau, à vivre sans culpabilité ni tabous. Toutes les pratiques sexuelles reposent sur le consentement constamment rétractable de toutes les personnes impliquées. De nombreuses identités, préférences (kinks/fétiches) et formes de relation sont acceptées de manière égale. À quel point tout cela est sexy dépendra probablement de chaque spectatrice et de chaque spectateur. Et aussi si les participants leur donnent envie d’en voir davantage.
|Mystérieux sur la durée du format: « Le nombre exact d’épisodes n’est pas encore communiqué », déclare un porte‑parole. « Les matchs dans « Maison Tabou » se font d’abord entre homme et femme. Par la suite, la dynamique entre les participants peut conduire à des configurations et des rencontres variées qui vont au-delà du simple rendez‑vous. »