La justice en Hongrie poursuit son action contre les organisatrices et organisateurs d’une démonstration Pride interdite : lundi, le parquet a inculpé l’organisateur du défilé CSD dans la ville universitaire de Pécs, où des milliers de personnes avaient pris part en octobre (E-llico.com l’avait relaté). Il est accusé d’une infraction à la loi sur les rassemblements. En cas de condamnation, il risque jusqu’à un an de prison, mais le parquet a demandé l’imposition d’une amende.
Les organisateurs à Pécs avaient formellement contourné l’interdiction en déposant, au lieu d’une démonstration queer, une demande d’« assemblée contre la surpopulation d’animaux sauvages, responsables de victimes de nombreux accidents de la route ».
Avec environ 138 000 habitants, Pécs est la cinquième ville de Hongrie. Elle se situe au sud du pays, au pied du massif des Mecsek et près de la frontière croate.
Des lois anti-LGBTQ+, sur le modèle russe
Le gouvernement du premier ministre Viktor Orbán restreint depuis des années les droits des personnes queer. Il y a près d’un an, le parlement hongrois a adopté un amendement législatif visant à interdire les démonstrations annuelles de type CSD : toutes les assemblées qui enfreignent la loi hongroise sur la « propagande homosexuelle » seront interdites. Cette loi a été adoptée en 2021 sur le modèle russe et interdit les représentations de la vie queer devant les mineurs, c’est-à-dire en public. En avril 2025, la nouvelle règle a également été inscrite dans la constitution hongroise.
Le maire de Budapest aussi poursuivi
À Budapest, au mois de juin, malgré l’interdiction, une mobilisation record d’environ 200 000 personnes avait manifesté en faveur des droits des LGBTI (E-llico.com l’avait relaté). Des dizaines de députés européens avaient également pris part pour exprimer leur solidarité.
Contre l’organisateur de la Pride budapestoise, le maire de la capitale, Gergely Karácsony, le parquet a aussi engagé des poursuites et réclamé une amende (E-llico.com l’avait relaté). Karácsony avait déclaré la CSD interdite comme une manifestation de la ville de Budapest, ce qui la sortait du cadre des dispositions de la loi sur les rassemblements. Le parquet, fidèle à la ligne d’Orbán, a néanmoins ouvert une procédure pénale contre le maire.
