La Commission européenne préconise d’interdire les thérapies de conversion

21 mai 2026

La Commission européenne souhaite présenter une recommandation aux États membres de l’UE visant à interdire ce que l’on appelle les pratiques de conversion. Cette initiative bruxelloise répond à une Initiative citoyenne européenne qui a réuni plus de 1,1 million de soutiens et qui, selon la Commission, exige notamment une interdiction juridiquement contraignante au niveau de l’UE de ces pratiques. Celles-ci visent à amener les personnes à renoncer à leur orientation sexuelle, à leur identité de genre ou à leur expression de genre.

Dans huit États membres de l’UE, une interdiction est déjà en vigueur

En Allemagne, les pratiques visant à « guérir » prétendument l’homosexualité et la transidentité chez les enfants et les adolescents sont interdites depuis 2020. Chez les adultes, des mesures restent autorisées dans certaines circonstances. Des interdictions légales existent, selon la Commission européenne, dans sept autres pays de l’UE : Belgique, Grèce, Espagne, France, Chypre, Malte et Portugal.
La Commission a cité un rapport de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui affirme qu’environ une personne LGBTI dans l’UE a été confrontée à de telles pratiques. Les personnes concernées rapportent des violences physiques et sexuelles, des abus verbaux et des humiliations. Les personnes trans seraient particulièrement touchées.
Selon ses propres dires, la Commission va désormais entamer l’élaboration de la recommandation.

Le groupe interparlementaire LGBTIQ+ se félicite de l’annonce

« Nous nous réjouissons que la Commission ait entendu notre appel et les besoins des membres les plus vulnérables de notre communauté, notamment en incluant l’expression de genre parmi les motifs de discrimination », a déclaré l’eurodéputé Marc Angel, coprésident du groupe interparlementaire LGBTIQ+. « Nous espérons que de nombreux États membres reprendront ces recommandations et les intégreront dans leur politique nationale. » L’annonce de la Commission européenne constitue un « moment important pour tous ceux qui se battent sans relâche pour la reconnaissance des dommages causés par les pratiques de conversion », a ajouté le social-démocrate luxembourgeois.

Élise Fournier