En ce 21 octobre, la communauté mondiale du kink et du sex-positif célèbre la Journée internationale du fist (JIF). Ce qui, aujourd’hui, est solidement ancré dans le calendrier queer doit son existence à une initiative ciblée il y a 15 ans: les pionnières américaines du porno queer Courtney Trouble et Jiz Lee ont lancé cette journée en 2011 afin de sortir d’une zone fortement taboue une pratique et de la redéfinir de manière radicale. En Allemagne, la scène communautaire de Cologne, notamment l’organisation Fistwerk, accompagne cette journée par des actions de sensibilisation et des offres d’information.

Jusqu’au début des années 2010, le fisting était, dans les représentations médiatiques – et dans une large partie de la communauté queer – perçu principalement comme le domaine des hommes cisgenres homosexuels issus de la scène leather. La réalisatrice et productrice Courtney Trouble, ainsi que le/la performeur·e non binaire et auteur·trice Jiz Lee, se sont employés à élargir fondamentalement ce tableau.
Le déclencheur concret fut la censure de films pornographiques comportant des scènes de fist. Courtney Trouble souhaitait diffusier une prise avec Jiz Lee, mais le distributeur exigeait de couper les scènes concernées, par peur des lois répressives sur des actes obscènes. Comme ces enregistrements ne pouvaient pas être édités sans retirer un élément important de la scène, les deux ont décidé de créer leur propre journée d’action.

Le 21 octobre 2011, toutes deux ont lancé via leurs plateformes et réseaux le premier appel officiel à la Journée internationale du Fisting. Leurs préoccupations centrales demeurent les mêmes: le fisting doit être visible comme pratique plaisante pour toutes les identités de genre et toutes les anatomies — y compris le fisting vulvaire, vaginal et anal pour les lesbiennes, les personnes trans, non binaires et d’autres personnes queer.
La journée doit aussi offrir des informations sur la pratique afin de la destigmatiser. Son objectif est de prévenir les blessures en apportant des bases anatomiques claires, en utilisant systématiquement des gants solides en nitrile ou en latex, en faisant un usage généreux de lubrifiants adaptés et en protégeant les muqueuses sensibles. Le kink, le BDSM et les sexualités expérimentales doivent être reconnus comme des formes légitimes d’autodétermination sexuelle et de culture queer.
Im Fokus: Radikaler Konsens und Achtsamkeit
Le discours façonné par Trouble et Lee a placé le consentement au centre de la pratique. Contrairement aux clichés de rudesse brute, le fisting exige un très grand degré d’attention et de communication: l’exploration manuelle nécessite une synchronisation absolue entre la personne qui donne et celle qui reçoit.
Le principe du consentement continu est impératif: chaque nuance de respiration, chaque changement de tonus musculaire est observé. Les analgésiques ou les substances anesthésiantes restent strictement tabous, car la douleur naturelle du corps constitue une barrière de sécurité indispensable. Le fisting devient ainsi un acte de confiance radicale, d’intimité intense et de soin mutuel.
Le 5 mai est aussi une Journée du Fisting
Que le 21 octobre soit aujourd’hui célébré à l’échelle mondiale n’entre pas en conflit avec le deuxième rendez-vous traditionnel de la scène: le 5 mai. Cette date a été créée comme Journée internationale du fist en 2025 par le Fist Club Europe, basé à Berlin (E-llico.com l’avait évoqué). Contrairement à la date du 21 octobre, qui a été choisie un peu par hasard, le 5 mai a été délibérément fixé: le chiffre 5 symbolise les cinq doigts de la main. La journée des deux cinq avait déjà été célébrée de façon informelle dans les clubs comme Journée du Fisting.
