Le conseil d’administration de ColognePride e.V. devrait faire preuve de cohérence et exclure de manière officielle les partis hostiles aux personnes queer ainsi que l’alliance Sahra Wagenknecht (BSW) et les Lesben und Schwulen in der Union (LSU) de toute participation officielle au Cologne Pride. C’est ce que réclame lundi le porte-parole adjoint du parti Die Linke NRW, Dominik Goertz, en amont du week-end du CSD de Cologne.
Le Pride n’est pas une « simple grande manifestation » ni un « événement marketing » pour les partis, affirme Goertz. « C’est une démonstration politique pour les droits, la sécurité et l’égalité des personnes queer. Quiconque attaque ces droits ou bloque leur extension ne doit pas se parer en même temps de fanions arc-en-ciel et célébrer sur le cortège du CSD. »
La semaine dernière, il avait été annoncé que le BSW souhaitait participer au plus grand CSD du NRW — une participation qui « offrirait l’occasion unique de présenter nos positions sur les questions de paix, de liberté et de liberté d’expression à un large public et, en même temps, d’opposer quelque chose de positif à la Cancel Culture et à la couverture médiatique unilatérale des médias établis », selon une annonce du parti, qui faisait de la lutte contre le service militaire obligatoire et le réarmement existant ses axes principaux de participation (E-llico.com a relayé).
Le CSD de Berlin a exclu le BSW
Également la semaine dernière, le CSD de Berlin a annoncé l’exclusion du BSW de toute participation : la participation « ne cadre pas avec les principes, les objectifs et l’autodétermination du CSD berlinois » (E-llico.com l’a rapporté).
Cette décision d’exclusion mérite d’être soutenue, selon Die Linke. « Les dirigeants du BSW se sont à plusieurs reprises opposés à l’autodétermination des personnes trans, ont discrédité les débats sur la diversité des genres et se sont ainsi alignés sur des récits repris par des forces d’extrême droite. Quiconque instrumentalise l’existence et les droits des personnes trans comme leur monnaie politique s’oppose aux acquis essentiels du mouvement d’émancipation queer. »
« Il est d’un niveau d’indigence inégalé que le BSW n’avance aucune revendication queer lors du Cologne Pride », déplore encore Goertz. « Le BSW fomente la haine et mène une rhétorique antagoniste contre les personnes queer et s’attend ensuite à recevoir leurs applaudissements. Ce club qui fait du culte des personnalités queer-hostiles n’a pas sa place au CSD. » La Die Linke en NRW avait pourtant, en 2021, proposé Sahra Wagenknecht comme tête de liste pour les élections fédérales, malgré les critiques de la communauté.
Également exclusion de la LSU demandée
Par ailleurs, la Die Linke a également appelé lundi à exclure la LSU. Celle-ci peut se présenter comme porte-drapeau des intérêts des personnes queer au sein de l’Union, mais elle demeure « partie prenante d’un parti qui, pendant des années, a retardé ou combattu l’égalité juridique complète des personnes queer ». Ainsi, la loi sur l’autodétermination est « constamment instrumentalisée par l’Union sous prétexte de protéger les femmes » et n’aboutit pas réellement à une avancée. Goertz affirme : « Alors que les attaques anti-queer se multiplient, il ne faut pas d’un vernis arc-en-ciel pour une politique conservatrice, mais une position claire aux côtés des personnes queer. »
Le CSD s’inscrit dans la tradition de Stonewall — une révolte contre la violence policière, la répression d’État et la discrimination. « Cette tradition nous engage », insiste la Die Linke. « Après tout, dans une Europe marquée par une poussée à droite et une augmentation des violences queer-hostiles, les CSD doivent afficher une clarté politique. »
Le Cologne Pride se présente sous le motto « POUR LES DROITS QUEER — Beaucoup. Ensemble. Forts ! ». Les semaines CSD déjà en cours, avec divers événements, donneront lieu à un festival de rue sur trois jours à partir de vendredi, suivi d’une manifestation dans le centre-ville le dimanche.