Dans la nouvelle série télévisée « München Beats », une part étonnante d’histoire réelle est au cœur de l’intrigue. Il y a d’abord l’entreprise de knödels de pomme de terre Pfanni, qui a dû quitter son site central au cœur de Munich en 1996. Puis le légendaire Kunstpark Ost, un site de 90 000 mètres carrés qui a vu le jour dans les anciennes halles de Pfanni comme solution temporaire et qui, de 1996 à 2003, fut la plus grande zone de fête d’Europe. Et enfin l’établissement Deutsche Eiche, qui, depuis des décennies, est un rendez-vous pour les personnes queer à Munich — avec une sauna gay au sous-sol inclus.
Partant de ces lieux réels, les créateurs de la série ZDF ont tissé une histoire autour de deux familles liées par un secret sombre — et y ont en même temps intégré les débuts du mouvement techno et la situation des personnes queer à l’époque. Les deux familles sont directement liées à Pfanni : Theo Meinhardt (Tobias Moretti) dirige l’entreprise pour la troisième génération et y réside avec son épouse Alicia (Sophie von Kessel) et leur fils adulte Marius (Klaus Steinbacher) dans une villa élégante. Marius vient tout juste de rentrer de New York, où il avait tenté de lancer une entreprise Internet, mais qui a fait faillite.
Aide-cuisine dans le bar gay
La famille paysanne Bierwirth, pour sa part, livre depuis longtemps des tonnes de pommes de terre à Pfanni et bénéficie ainsi d’un revenu stable. Marius et les rejetons Bierwirth Linda (Jule Hermann) et Andi (Ben Münchow) se connaissent donc depuis l’enfance. Mais Linda, passionnée de techno, est de plus en plus frustrée par la vie à la campagne et le travail à la ferme. Et lorsque, lors d’une fête à Munich, elle fait la connaissance d’autres jeunes amateurs de techno et qu’elle vient de se brouiller violemment avec sa mère Veronika (Marlene Morreis), elle décide de fuir vers Munich pour y devenir DJ.
À travers les autres fans de techno, elle entre en contact avec l’établissement Deutsche Eiche, dont le couple masculin qui le gère est à la recherche d’une aide-cuisine. Le public largement gay n’effraie pas Linda autant que la sauna masculine dans la cave. Et bientôt elle gagne assez d’argent pour poursuivre son rêve de DJ. De plus, elle retrouve Marius après de longues années et il ne faut pas longtemps pour que l’alchimie fasse effet entre eux.
Pour une nouvelle coupe de cheveux, sous les regards curieux
> Son frère Andi, pour sa part, est passionné par le travail à la ferme et s’y épanouit. Mais lorsqu’il va rendre visite à Linda à Munich, il découvre un monde tout autre qui l’attire autant qu’il l’inquiète. Linda le persuade de se faire une nouvelle coupe par son ami gay et coiffeur John (Helge Mark). Et alors qu’un début d’attirance naît entre eux, à la maison du village, ses camarades le harcèlent pour ses mèches blondes nouvellement réalisées et le prennent pour un homosexuel. Soudain, il se retrouve tiraillé entre deux mondes. Et son père Georg (Frederic Linkemann) est aussi confronté aux réflexions sur son fils et réagit avec une grande irritabilité.

Car la situation est déjà suffisamment complexe. Peu avant, le patron de Pfanni, Theo, a été contraint d’informer « ses paysans » qu’il doit fermer l’usine de Munich pour des raisons financières — et que leur source de revenus sûre va bientôt disparaître. Pendant que les paysans restent abasourdis, Marius et Linda voient une opportunité: avec le concours du vétéran organisateur de fêtes techno Harald Prell (Tim Seyfi), ils veulent ériger une nouvelle salle de fête dans les anciennes halles Pfanni. Mais Theo ne voit pas seulement cela comme une mauvaise idée; il observe aussi la relation entre Marius et Linda avec un certain malaise. Et pour des raisons bien différentes de celles que Marius et sa mère avaient d’abord imaginées.
Une image masculine toxique
Ce drame familial résonne d’autant plus fortement qu’il est étroitement imbriqué dans des événements et des lieux réels, même s’il suit des trajectoires de conflit bien connues : la campagne conservatrice qui affronte la ville folle, la tradition qui se heurte au changement — et au milieu, un jeune agriculteur gay qui tente de trouver sa place. « Andi adore la vie à la campagne, le travail à la ferme, sa famille, la table des habitués », déclare son interprète Ben Münchow dans les dossiers de presse de la série. « En même temps, ce lieu lui semble aussi très étroit. Il croit qu’il ne peut pas être l’homme qu’il est peut-être au fond. »
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Le courage d’autrefois est nécessaire à nouveau
Mais aussi difficiles que furent les temps pour les gays à l’époque: un passage de la série montre que certains espéraient tout de même un avenir meilleur. Le chef de Linda, Rudi (Michael A. Grimm), qui exploite l’établissement Deutsche Eiche, la réconforte après que son frère ait été sauvagement frappé dans le village: « Tu verras, un jour, tout le monde saura sortir du placard. Des politiciens, des footballeurs. Peut-être pourrons-nous même nous marier. Mais pour l’instant, il faut des personnes qui soient courageuses — ou assez désespérées. » Les espoirs de Rudis se sont partiellement réalisés, du moins en partie. Car, malheureusement, cela cesse encore de déranger certains, et le courage nécessaire aujourd’hui est plus que jamais nécessaire.
Toutes les quatre épisodes de « München Beats » pourront être regardés à partir du vendredi 7 août 2026 à 10 heures dans la ZDF-Mediathek. La diffusion télévisée aura lieu les 26 et 27 août, respectivement à 20 h 15, en double-épisodes.
