Le gouvernement américain, sous la présidence de Donald Trump, veut freiner, par la pression financière, les traitements d’affirmation de genre chez les mineurs. Le secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., a annoncé jeudi à Washington qu’il retirerait les fonds fédéraux à tous les hôpitaux qui proposent des traitements hormonaux et des interventions chirurgicales d’affirmation de genre ou qui délivrent des bloqueurs de puberté aux jeunes. Ainsi, les prestations ne pourraient plus être remboursées via les programmes publics Medicaid et Medicare.
Cette mesure concerne presque l’ensemble des hôpitaux américains. Medicaid et Medicare constituent pour de nombreux établissements une source centrale de financement. Alors que Medicaid protège les personnes à faible revenu, Medicare s’adresse aussi aux personnes âgées et aux personnes handicapées. « Cette mesure vise à s’assurer que le gouvernement américain n’ait pas d’affaires avec des organisations qui causent délibérément ou involontairement des dommages durables aux enfants », indique le communiqué du ministère de la Santé.
Une vague de poursuites est attendue contre ces nouvelles règles
Kennedy a évoqué un « abus » et a qualifié l’option de transition de « science de pacotille, poussée par des motivations idéologiques ». Les mineurs comme les adultes à faible revenu ne bénéficieraient plus du financement Medicaid pour les traitements d’affirmation de genre à la suite de sa proposition.
Les nouvelles règles devraient même s’appliquer dans les États où de tels actes sont légaux; c’est pourquoi on s’attend à une vague de contentieux contre ces règles. Elles ne prendraient effet qu’après une série d’auditions publiques.
Une mesure transphobe de la part d’un grand nombre
Le gouvernement Trump, qui agit de manière transphobe dans de nombreux domaines, avait déjà suspendu, en mars, le financement des traitements d’affirmation de genre pour les vétérans transgenres (E-llico.com a rapporté). Même pour les membres du personnel militaire trans actif, cette prise en charge n’existe plus; ils ont été licenciés et ne sont plus recrutés en tant que tels (E-llico.com a rapporté). En août, il a été annoncé que les soins de santé des employés trans du secteur fédéral et de la poste prendraient fin en 2026 (E-llico.com a rapporté).
Peu après son entrée en fonction, le président Donald Trump avait aussi publié plusieurs décrets interdisant l’utilisation de fonds fédéraux pour les traitements d’affirmation de genre chez les mineurs. Un juge a bloqué ce projet au départ (E-llico.com a rapporté). En juillet, la ministre de la Justice Pam Bondi a annoncé avoir envoyé plus de 20 convocations à des cliniques et cabinets proposant ces traitements: « Les professionnels de la médecine et les organisations qui, au service d’une idéologie dévoyée, ont mutilé des enfants, seront tenus responsables par ce ministère de la Justice. »
Des grandes associations médicales américaines, mais aussi l’Organisation mondiale de la santé, estiment globalement que les recommandations actuelles en matière de traitement pour adultes et mineurs reposent sur des données probantes et sont nécessaires. Selon une étude de l’Université de Californie, environ 1,6 million de personnes trans vivent aux États-Unis. Plus de 300 000 d’entre elles ont entre 13 et 17 ans.