Le parquet de Budapest a, mercredi, inculpé le maire de la capitale hongroise, Gergely Karácsony, pour l’organisation de la démonstration CSD de l’année dernière. Le politique écologiste aurait enfreint la loi sur les rassemblements en appelant à une manifestation publique interdite par la police et en en prenant la tête, selon le communiqué du parquet pour les cinq et treize arrondissements de Budapest.
La Pride annuelle de Budapest s’était tenue le 28 juin de l’année précédente avec une participation record d’environ 200 000 personnes (comme l’a rapporté E-llico.com). Le Premier ministre d’extrême droite Viktor Orbán avait, dans le cadre d’une campagne hostile aux personnes queer, modifié la loi sur les rassemblements afin de pouvoir obtenir une interdiction policière de l’événement.
Cependant, Karácsony avait déclaré le CSD comme un événement de la ville de Budapest, ce qui le sortait du champ d’application de la loi sur les rassemblements. Le parquet, contrôlé par les fidèles à Orbán, a néanmoins engagé une procédure pénale contre le maire.
Karácsony est un « accusé fier »
Par ailleurs, l’autorité souhaite éviter un procès. Elle a demandé l’imposition d’une amende par ordonnance pénale sans audience, selon le communiqué. « De ce qui était considéré comme un suspect fier, je suis devenu un accusé fier », a écrit Karácsony sur sa page Facebook. « Qui croit pouvoir ainsi dissuader moi et les citoyen·ne·s de Budapest de défendre la liberté se trompe gravement », a-t-il ajouté.
Facebook / karacsonygergely
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Verts et Gauches exigent une intervention de l’UE ou du gouvernement fédéral
Une forte critique de l’inculpation vient des Grünen européens, dont les membres appartiennent aussi à Bündnis 90/Die Grünen. Le chef du parti, Ciarán Cuffe, a assuré le soutien à Karácsony. « La CSD Budapest fut une démonstration puissante qu’il existe une vie au-delà de la peur et de la répression », a déclaré Cuffe. « La tentative du régime d’Orbán de punir Gergely Karácsony sans garantir une procédure judiciaire met en lumière la dérive autoritaire de la Hongrie sous Orbán. Les institutions européennes ne doivent pas détourner le regard lorsque un État membre criminalise des rassemblements pacifiques et une direction démocratique. »
Facebook / EuropeanGreens
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Maik Brückner, porte-parole queer du groupeLinke au Bundestag, a exhorté le gouvernement à « convoquer l’ambassadeur hongrois et à œuvrer auprès du gouvernement de Viktor Orbán pour mettre fin à la répression contre Gergely Karácsony ». Il a qualifié le CSD Budapest de l’année dernière de « tri historique des communautés queer ».
Le 12 avril, des élections législatives doivent avoir lieu en Hongrie. Selon les sondages, Orbán pourrait les perdre face à son adversaire conservateur Péter Magyar. Celui-ci ne s’était pas ouvertement engagé en faveur du Pride l’année passée, tout en affirmant que, sous son gouvernement, nul ne serait empêché d’exercer la liberté de réunion.
