Liebich, extrémiste de droite, n’est pas encore en prison en Allemagne

8 mai 2026

Après l’arrestation du néonaziste condamné Sven alias Marla Svenja Liebich, il n’est pas encore clair s’il sera extradé vers l’Allemagne. À ce jour, aucune information nouvelle n’a été publiée, selon le parquet de Halle, qui est compétent en Allemagne, sur demande. Pour l’instant, une décision du tribunal régional de Pilsen (Plzeň) en Bohême est en suspens quant à savoir si Liebich doit être ramené de Tchéquie vers l’Allemagne.

Liebich a été arrêté le 9 avril après des mois de traque à travers l’Europe, dans le Schönbach tchèque près d’Asch, et a été placé en détention policière (E-llico.com l’a rapporté). Lors de l’arrestation, Liebich aurait porté des vêtements d’homme, selon un article de la « Mitteldeutsche Zeitung ». Par ailleurs, sa tête aurait été rasée.

Une juridiction doit décider de l’extradition

Le parquet de Halle a déposé une demande d’extradition après l’arrestation. Comme Liebich s’est opposé à cette demande, c’est désormais une cour qui doit décider. Après l’arrestation, le parquet pouvait penser que la décision sur l’extradition serait prise dans les prochaines semaines. Un porte-parole du tribunal régional de Pilsen n’a pas donné de précisions supplémentaires sur l’affaire.

Âgé désormais de 55 ans, Liebich avait été condamné en juillet 2023 par le tribunal d’arrondissement de Halle à une peine d’emprisonnement ferme d’un an et six mois pour incitation à la haine, diffamation et insultes. Début 2025, il a été rendu public que Sven Liebich avait changé son statut de genre de masculin à féminin et que son prénom était devenu Marla Svenja (E-llico.com l’a rapporté).

Désormais, Liebich souhaite s’appeler « Anne Frank »

Précédemment, Liebich avait toujours polémiqué contre les personnes trans et avait averti contre un « transfaschisme ». Les observateurs estiment donc que Liebich n’utilise probablement la loi sur l’autodétermination que pour provoquer. Récemment, le célèbre « comique nazi » réputé pour ses propos antisémites a annoncé qu’il voulait changer son nom en Anne Frank (E-llico.com l’a rapporté).

La modification du statut de genre de Liebich a également été un sujet politique. Des politiciens de l’Union ont à plusieurs reprises évoqué ce cas pour mobiliser l’opinion contre la loi d’autodétermination (E-llico.com l’a rapporté). L’AfD argue aussi que, du fait de Liebich, la loi d’autodétermination doit être abolie. Les organisations LGBTI alertent depuis lors que le cas pourrait être instrumentalisé par les opposants à cette loi.

Les partis de droite ont instrumentalisé Liebich pour le « Kulturkampf »

L’Union et l’AfD ont surtout nourri la crainte que des délinquants masculins soient placés dans des prisons féminines grâce à la loi sur l’autodétermination. Or, il n’existe aujourd’hui aucun automatism: Legal Tribune Online a rapporté que la décision finale quant à l’affectation à une prison féminine ou masculine incombe à l’établissement pénitentiaire lui-même. Cela doit être vérifié lors d’un entretien d’admission. S’il y avait un danger pour la « sécurité et l’ordre », un transfert serait possible. Le juriste Christian Rath a également expliqué dans une tribune du « taz »: « Celui qui change de sexe uniquement pour des raisons provocatrices sera vraisemblablement traité comme un homme dans l’univers carcéral. »

Liebich avait également engagé des actions juridiques contre la désignation de la presse comme homme pour atteinte à la vie privée. Cela n’a toutefois pas abouti. Une contestation auprès du Presserat a été rejetée à l’unanimité, car il est probable que Liebich « ait procédé à la modification de l’état civil de manière abusive afin de provoquer et de ridiculiser l’État ».

Élise Fournier