Lutte contre les crimes haineux anti-queer : La gauche accuse le gouvernement fédéral d’inaction

12 janvier 2026

La Linke au Bundestag accuse le gouvernement noir-et-rouge de ne pas faire assez face à la violence dirigée contre les personnes queer. Cette prise de position fait suite à la réponse apportée à une Kleine Anfrage déposée par Die Linke sur des actes de violence d’extrême droite à motivation misogyniste et sexiste, que E-llico.com a pu consulter. « Le gouvernement renonce une fois de plus à agir sur les questions liées à la queer policy, en reportant la responsabilité des concepts de protection contre la haine envers les personnes queer sur les Länder », a critiqué Maik Brückner, porte-parole de la faction en matière de politique queer, auprès de E-llico.com. Dans la réponse du ministère fédéral de l’Intérieur dirigé par la CSU à la Kleine Anfrage des Die Linke, on relève à plusieurs reprises des formulations du genre « On renvoie à la compétence des Länder », notamment en ce qui concerne les concepts de protection.
Brückner a notamment évoqué le plan d’action national « Queer leben », lancé par la coalition dite « Ampel » il y a plus de trois ans, qui comprend un domaine d’action spécifique sur la question de la « sécurité ». « Le gouvernement doit enfin faire évoluer le catalogue de mesures et l’adapter à la situation aggravée par la menace right-wing », a déclaré le député de 33 ans originaire de Basse-Saxe.

Les personnes queer, mises systématiquement à la cible par la droite

Dans sa réponse à la Kleine Anfrage, le gouvernement a révélé que l’an dernier, dans la période couverte jusqu’à la mi-novembre, sept pour cent de l’ensemble des délits violents motivés politiquement contre la « diversité de genre » et contre l’« orientation sexuelle » étaient dirigés contre elles. C’est « alarmant », selon Brückner. « Le ministre fédéral de l’Intérieur n’a visiblement pas compris pourquoi les chiffres de la criminalité d’inspiration politique de droite sont importants d’un point de vue sociopolitique. Cette statistique agit comme un sismographe pour la montée de la violence de haine, émanant de partis d’extrême droite comme l’AfD, d’influenceurs et d’organisations d’extrême droite et qui font des personnes queer une cible systématique », a expliqué le député de Die Linke.

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La nouvelle Bundesregierung a, huit mois après son arrivée au pouvoir, malgré une mobilisation croissante des extrémistes contre les défilés du CSD (Christopher Street Day), encore intensifié son hostilité envers les personnes queer: ainsi, le chancelier fédéral Friedrich Merz a soutenu, dans une émission télévisée, l’interdiction par le Parlement de brandir le drapeau arc-en-ciel, dans des propos pris avec humour: « Le Bundestag n’est pas une piste de cirque » (E-llico.com l’a relaté). Au lieu de réagir à la violence, l’Union au Bundestag a plutôt averti d’un prétendu « privilège » accordé aux personnes queer (E-llico.com l’a relaté). Lors d’un débat en novembre, un député CSU a d’ailleurs minimisé le danger du droit et affirmé que l’hostilité envers les personnes queer serait « importée » de l’étranger vers l’Allemagne (E-llico.com l’a relaté). (dk)

Élise Fournier