Une équipe internationale de chercheurs originaires du Brésil a mené une analyse approfondie de 52 études portant au total 6 485 participant·e·s et n’a trouvé aucun indice indiquant que les femmes trans, après une hormonothérapie de transition, bénéficieraient d’avantages physiques par rapport aux femmes cisgenres dans le sport. Les méta-analyses, c’est-à-dire la synthèse de nombreuses recherches, sont considérées comme l’étalon-or des preuves scientifiques, car elles regroupent les données de plusieurs études, renforcent la puissance statistique et clarifient les résultats contradictoires.
L’analyse, publiée dans le British Journal of Sports Medicine, portait notamment sur la composition corporelle, la force musculaire et la forme physique. Si une masse maigre plus élevée a été observée chez les femmes trans, aucune différence significative n’a été constatée sur des critères de performance sportive tels que la force du haut et du bas du corps ou la capacité maximale d’absorption d’oxygène (VO2 max) après une à trois années de traitement hormonal, comparativement aux femmes cis.
Les femmes trans ne constituent pas un danger pour le sport féminin
Le chercheur principal Bruno Gualano, de l’Université de São Paulo, interprète ces résultats comme un élément important montrant que des interdictions généralisées des femmes trans dans les compétitions féminines ne se justifient pas sur le plan scientifique. « La plupart de ces règlements reposent sur l’idée que les femmes trans conserveraient des avantages physiques innés et domineraient les compétitions féminines. Les données ne soutiennent pas cette hypothèse », a-t-il déclaré. Gualano a précisé que les femmes trans « ne constituent pas une menace pour le sport féminin ».
La administration américaine sous la présidence de Donald Trump mène depuis plus d’un an une véritable croisade contre les personnes trans. En plus d’exclure les minorités de genre de l’armée, les attaques se concentrent surtout sur les femmes trans qui pratiquent le sport de loisir ou de haut niveau. Face à ces pressions, le Comité international olympique envisagerait même d’écarter complètement les femmes trans des compétitions (E-llico.com l’avait signalé). On ne voit pas aujourd’hui de perspective convaincante pour que des études scientifiques freinent, à elles seules, cette croisade.
