Mini-drame queer au cœur chaleureux — mais déjà un peu court

29 mai 2026

Le rôle principal, Denis « Marshall » Ölmez, met assez bien en lumière le malaise qui traverse les documents médiatiques autour de « Size Does Matter » : « Pour moi, ce rôle compte énormément, car, en tant que personne en surpoids et queer, j’ai été écarté plus d’une fois. Les personnes comme nous sont souvent reléguées à la marge dans les histoires d’amour — si toutefois elles apparaissent. Dans « Size Does Matter », ce personnage peut être placé au centre. Il y a quelque chose de réel dans cela. »

État des lieux, ou plutôt réalité: la plupart des gens ne correspondent pas aux idéaux grand public — être jeune, mince, attirant, bien entraîné — et, par conséquent, il est difficile de prendre part au culte du corps qui prévaut, notamment dans la scène queer. Le personnage Samy, incarné par Ölmez, incarne littéralement l’opposé de ces idéaux. Pour des personnes comme lui, les difficultés sur les applications de rencontres impitoyables sont omniprésentes, comme E-llico.com l’a déjà relaté : « Pas de graisse », « Pas d’Asiatiques », « Les porteurs de lunettes ne servent à rien », « Pas de personnes trans » figurent dans de nombreux profils; et dans les messages privés, l’accueil est encore bien plus désagréable.

Une romance inattendue

Le créateur de série Kevin Silvergieter a choisi, pour ce premier micro-drama queer allemand, un sujet pour le moins pertinent — et il interprète aussi la seconde protagoniste, Markus : mince, bien entraîné, et donc extérieurement dans une autre ligue par rapport à Samy. Dans le premier épisode, ils se croisent par hasard dans un café et échangent brièvement, car ils viennent exactement de commander la même boisson. Samy repère tout de suite : c’est le type avec lequel il va sortir ce soir !

Le hic, c’est que Markus attend ce soir le séduisant Tom, car Samy s’est un peu enjôlé grâce à l’aide de l’IA sur la plateforme de rencontres. Quand il se tient devant Markus, qui l’avait trouvé plutôt sympathique au café et qui l’a aussitôt reconnu, il n’a d’autre choix que d’avouer la supercherie. Mais l’imprévu survient : Markus accepte malgré tout le rendez-vous. Et les deux finissent même au lit. Mais peut-on réellement envisager quelque chose de plus durable ?

@sizedoesmattervertikal

Klaut Markus nur Samys Kurkuma Latte? Oder auch sein Herz? Finde es heraus in Folge 1 von Size Does Matter Deutschlands erste queere Vertical Serie. Folgt uns und verpasst keine Folge! CREW Drehbuch, Regie, Co-Produktion Dirk Rosenlöcher @diro_tv Idee, Produktion Kevin Silvergieter @silvergieterlinings Kamera (DoP) Anton Blattner @anton_blatti Licht Filip Boban @lannieshots Set-Ton Stefanos Pachidis @st.efa_02 & Julius Braun @juleston_smp Aufnahmeleitung, Produktionsassistenz Hannah Johannsmeier @hannahxaw Szenenbild, Kostüm Kata Klinger @klinger.ka Maske (H&M) Lara Schmidt @laraschmitt_makeup , Arielle Waschke @arielle , Soraya Ariya @soraya_ariya_ Schnitt, Postproduktion Dirk Rosenlöcher @diro_tv Tonmischung: Jonas Weu @jonasweu Set-Fotografie, Behind the Scenes Philipp Gärtner @ph_gaertner CAST Markus Kevin Silvergieter @kevin.silvergieter.actor Samy Denis « Marshall » Ölmez @marshall Lisa Sabrina Anderlick @sabrinaanderlick Barista Lovely Brackmann @lovelie.brackmann Ex-Freund Camil Morariu @karmacamilion Nachmieterin Elena Halangk @elena.halangk Drängler Mickey Jukovic @mickey.jukovic_1 Freundin des Dränglers Marie Cloos @mariecloos

Originalton – sizedoesmatter

TikTok / sizedoesmatter | Die erste Folge auf TikTok
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Zwangsläufig extrem peu de temps

À ce stade, cinq des sept épisodes annoncés sont disponibles sur YouTube, TikTok et Instagram — chacun durant environ 1,5 minute, soit un peu plus de sept minutes d’intrigue au total. Cela peut paraître peu, et cela l’est d’ailleurs en partie. Le format laisse ainsi un temps extrêmement limité pour donner aux personnages, en plus de l’action et du cliffhanger destiné à pousser à continuer, un peu de profondeur et de contexte. Néanmoins, on perçoit que Markus est surpris d’être attiré par un homme comme Samy, et que Samy est très sensible à son apparence, ayant déjà traversé des expériences difficiles.

Malgré la brièveté, le micro-drama délivre déjà pas mal de choses — un format né en Chine qui a gagné une énorme popularité là-bas et qui s’est étendu à d’autres pays en 2022, notamment aux États-Unis; selon des estimations, en dehors de la Chine, il a généré en 2024 un chiffre d’affaires de 1,4 milliard de dollars, et les prévisions tablent sur 9,5 milliards d’ici 2030. En Chine, le format a enregistré environ 9 milliards de dollars de revenus en 2025.

Pourquoi ne pas en faire un teaser pour un vrai film ?

Aujourd’hui, ces micro-dramas, souvent tournés en format vertical pour les appareils mobiles, ont aussi gagné l’Europe mais restent peu répandus dans la région. Les genres habituels sont les romances comme « Size Does Matter », mais aussi les drames familiaux ou la fantasy. Le public de ces micro-dramas, majoritairement jeune — environ la moitié ayant moins de 34 ans — est né avec Internet et les smartphones et, selon de nombreuses études, possède souvent une capacité d’attention limitée. Les histoires courtes, racontées rapidement et souvent très émotionnelles, sont taillées pour ce mode de consommation.

« Size Does Matter » respecte les conventions du format, mais l’angle difficile des idéaux corporels dans la scène queer mérite davantage de temps et de substance. Pourquoi ne pas transformer ce micro-drama en teaser pour un véritable film et tourner autour de Samy et Markus un long métrage ? Cette approche pourrait séduire non seulement le public déjà conquis du online, mais aussi toucher des générations plus âgées. D’autant plus que le sujet concerne presque tout le monde qui ne correspond pas à l’image jeune, mince, attirante et en forme — donc la grande majorité d’entre nous.

Élise Fournier