Nouvelle infection sexuellement transmissible chez les hommes gays

14 mai 2026

Des chercheurs en France et en Espagne ont diagnostiqué des grappes d’une infection cutanée rare qui touche habituellement les animaux domestiques. Selon eux, les cas concernent des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) — sans lien connu avec des animaux infectés. Des rapports publiés dans la revue spécialisée « Emerging Infectious Diseases » décrivent des grappes plus restreintes à Barcelone et à Lyon. Certains des cas en France sont également liés à Paris et à d’autres villes. Des cas ont par ailleurs été signalés en Allemagne, selon les chercheurs dans des entretiens.

La maladie, la dermatophilose, est déclenchée par la bactérie Dermatophilus congolensis. Elle survient habituellement chez les animaux — notamment chez les chevaux et les bovins — durant les saisons humides et froides — et est rare chez l’homme.

Selon les chercheurs, nombre des personnes touchées ont déclaré s’être précédemment rendues dans des saunas. Là, la transmission peut se faire plus rapidement, « car les conditions humides favorisent la libération et la survie des spores dermatophiles infectieuses dans l’environnement », a expliqué l’équipe espagnole. La période d’incubation est estimée entre trois et quatorze jours.

Les grappes actuelles rappellent l’apparition du Mpox (variole du singe) en 2022, qui avait également été observée au départ chez des hommes homosexuels et bisexuels ayant des partenaires sexuels fluctuants (E-llico.com l’avait rapporté). Toutefois, la dermatophilose, selon les connaissances actuelles, évolue nettement plus légèrement.

Symptôme : éruption cutanée

Un symptôme typique est une éruption cutanée: les lésions apparaissent surtout sur les zones du corps exposées lors des rapports sexuels. Tous les cas connus à ce jour se sont déroulés de manière bénigne. L’infection guérit soit d’elle-même, soit peut être traitée avec succès par des antibiotiques. La bactérie est sensible à plusieurs antibiotiques.

Les spécialistes soulignent que des antécédents médicaux pourraient aggraver le cours de l’infection — tout comme cela peut arriver avec des infections chez les animaux infectés. Parmi les cas identifiés, certains hommes vivaient avec le VIH ou suivaient une PrEP. Plusieurs souffraient aussi d’autres infections sexuellement transmissibles. De plus, certains ont indiqué pratiquer le chimsex.

Il existe une inquiétude selon laquelle une nouvelle propagation pourrait compliquer le diagnostic d’autres infections — en particulier Mpox — car les symptômes se ressemblent. D’autres experts estiment toutefois que cela peut être maîtrisé, à condition que le personnel médical soit correctement formé.

Les autorités sanitaires insistent sur l’importance de sensibiliser le personnel médical aux infections inhabituelles ou émergentes dans le domaine de la santé sexuelle. En cas de modifications cutanées peu claires, il convient de réaliser les tests appropriés. De plus, les experts recommandent, notamment dans des établissements comme les saunas, de veiller à une bonne hygiène.

Élise Fournier