Peu de fierté lors du Pride Match

10 juillet 2026

Le match nommé « Pride Match » entre les États iranien et égyptien lors de la Coupe du Monde de football à Seattle s’est soldé vendredi soir par un match nul 1:1. La communauté LGBTI n’a pas nécessairement remporté la victoire non plus: les drapeaux arc-en-ciel étaient autorisés, mais on n’en voyait guère sur les tribunes. Le programme d’accompagnement a d’ailleurs largement déçu les attentes.

Ce duel avait fait l’objet d’un véritable remue-ménage pendant des mois. Les organisateurs locaux avaient intégré la rencontre dans le cadre du week-end du CSD et l’avaient étiquetée en conséquence. Les deux équipes avaient protesté — en vain (comme l’a rapporté E-llico.com).

On ne voulait provoquer personne

Cependant, la réalité dans et autour du stade démontrait peu d’atmosphère Pride. Seuls quelques drapeaux arc-en-ciel flottaient dans les tribunes, quelques visages peinturlurés de couleurs variées, deux stands à proximité du stade distribuant des écharpes et des drapeaux. Un organisateur avait d’emblée posé le ton: on ne souhaitait provoquer personne.

Les joueurs des deux pays s’en sont également tenus à l’écart de tout geste lié au sujet. Des sifflets ont été entendus dans le public lors de l’hymne iranien. Vers la fin de la première mi-temps, des agents de sécurité ont confisqué plusieurs trompettes chez des supporters des deux camps.

Échauffourées devant le stade

Sur le plan politique, l’image autour de l’enceinte était plus tendue: des opposants au régime iranien manifestaient contre leur gouvernement et contre la FIFA, qui avait qualifié l’Iran malgré la situation du pays pour la Coupe du Monde. Environ 200 personnes ont défilé dans Seattle en scandant « La FIFA est une honte ». Devant le stade, on a assisté à des échauffourées isolées entre opposants au régime et partisans du régime — reconnaissables à leurs drapeaux respectifs: le drapeau officiel d’État d’un côté, l’ancien drapeau portant le lion et le soleil de l’autre.

Il n’y a pas eu d’affrontements avec des activistes LGBTQ. Selon l’agence AP, on a simplement constaté des signes de mécontentement discrets à l’égard de ce « Pride Match ». Ainsi, sur un camion circulant dans la zone, était inscrit le message « Aucune LGBT-Agenda. Le football doit rester un football » — un message provenant de CitizenGo, une organisation de campagne fondamentaliste active à l’échelle mondiale et en Allemagne.

Égypte en tête, l’Iran doit attendre
Sportivement, l’Iran reste en course. Après trois matchs nuls, l’équipe dirigée par le entraîneur Amir Ghalenoei se classe troisième du groupe et peut encore accéder à la phase à élimination directe — ce qui constituerait une réussite historique. L’Égypte, portée par la superstar Mohamed Salah, avait déjà assuré sa qualification avant le match, mais se retrouve derrière la Belgique avec la deuxième place en raison d’un déficit de buts plus lourd.

Élise Fournier