Prinz Eisenherz : la meilleure librairie

1 avril 2026

La librairie queer « Prinz Eisenherz » de Berlin est l’une des trois grandes lauréates du Deutscher Buchhandlungspreis 2025 (prix allemand des librairies). L’annonce a été faite vendredi par le ministre d’État à la Culture, Wolfram Weimer (indépendant), sur la page dédiée au prix, sans commentaire supplémentaire. Par ailleurs, les librairies « Aegis » à Ulm et « Serifee » à Leipzig ont été distinguées comme les « meilleures librairies ». Elles recevront chacune 25 000 euros.

« Nous sommes très heureux et félicitons aussi tous les autres finalistes », a déclaré l’équipe de « Eisenherz » dans un communiqué publié dimanche. En parallèle, la librairie queer a formulé une critique à l’égard du gouvernement fédéral : « Étant donné que l’attribution de cette année s’est accompagnée du scandale lié à l’exclusion des trois librairies de gauche et que la remise officielle lors de la Foire du livre de Leipzig a été annulée par Wolfgang Weimar, nous perdons malheureusement l’attention et la reconnaissance qui devraient accompagner cette distinction. »

Drei linke Buchhandlungen nachträglich von Liste gestrichen

Le Deutscher Buchhandlungspreis récompense chaque année des librairies indépendantes pour leur engagement culturel, leur offre littéraire ou leurs concepts innovants. Les prix totalisent jusqu’à un million d’euros. Outre les trois « meilleures librairies », cinq magasins sont désignés comme « exceptionnellement remarquables ». Jusqu’à cent librairies « remarquables » reçoivent une prime de 7 000 euros.

Cette année, pour la première fois, trois librairies de gauche à Berlin, à Brême et à Göttingen, qui avaient été sélectionnées par un jury, ont été retirées rétroactivement de la liste par le ministère de la Culture pour des raisons présumées de « d’informations pertinentes pour la protection de la Constitution ». Les détails n’ont pas été communiqués à ce jour. Après de vives protestations, Weimer a complètement annulé la remise du Deutscher Buchhandlungspreis lors de la Foire du livre de Leipzig.

L’Union des libraires allemands (Börsenverein des Deutschen Buchhandels) avait critiqué vivement l’exclusion des trois librairies dans une déclaration : « Nous, en tant que Börsenverein, nous engageons expressément pour la liberté des mots, la diversité de l’offre littéraire et l’indépendance des librairies en tant que lieux d’échanges ouverts et critiques », peut‑on lire dans le communiqué soutenu par l’équipe de Eisenherz. (mize)

Élise Fournier