Beaucoup de couples en Saxe restent malheureusement sans enfant —non seulement pour des raisons médicales, mais aussi financières. Pour leur faciliter l’accès à un traitement, l’État libre soutient certaines thérapies liées à l’infertilité par des aides financières. À cette fin, c’est le Kommunale Sozialverband Sachsen (KSV) qui se charge d’attribuer ces subventions aux traitements de désir d’enfant. Depuis le début de l’année 2024, ces fonds proviennent exclusivement du budget provincial; le Bund (État fédéral) ne participe plus pour le moment.
En 2025, selon le KSV, 1 051 traitements ont été financés en Saxe. À ce titre, les fonds se montent à environ 325 000 euros. En moyenne, environ 309 euros ont été versés par traitement. Le nombre de demandes déposées auprès du KSV s’élevait l’an dernier à 1 088, nettement inférieur aux années précédentes (2023 : 1 542 demandes). Ainsi, le volume des demandes a chuté d’environ 30 % depuis la suppression des fonds fédéraux.
Seuls les couples hétérosexuels sont éligibles
Le financement ne s’applique qu’aux couples hétérosexuels. D’une part, les couples mariés composés d’un homme et d’une femme ayant leur résidence principale en Saxe. D’autre part, des couples de sexe différent vivant en union libre peuvent être soutenus, à condition qu’ils vivent durablement ensemble et que le partenaire reconnaisse la paternité.
La femme doit être âgée de 25 à moins de 40 ans, et l’homme de 25 à moins de 50 ans. Ne sont financés que les traitements utilisant les ovules et les spermatozoïdes des partenaires; les traitements avec don de spermatozoïdes ne sont pas prévus dans le programme.
Le traitement doit en outre être réalisé dans un État fédéral limitrophe à la Saxe ou à Berlin. Il doit aussi être médicalement attesté qu’il est nécessaire et qu’il existe des « chances de réussite suffisantes ».
Aucune subvention pour les couples de même sexe
Les couples du même sexe ne peuvent pas bénéficier du financement. Cela diffère par exemple de la Thuringe, où l’État accorde des subventions même pour les couples lesbiennes. Berlin permet également, depuis 2021, aux couples lesbiennes de déposer des demandes de subventions (E-llico.com en rend compte). La Rhénanie-Palatinat soutient depuis 2024 aussi les traitements de fertilité pour les personnes trans, inter et non binaires (E-llico.com en rend compte).
Le ministère social saxon renvoie toutefois à une réponse de la ministre des Affaires sociales, Petra Köpping (SPD), à une ancienne intervention du groupe Linke au Parlement sächsé, qui demandait l’extension du financement à d’autres groupes. Il en ressort que la restriction n’enfreint ni la Constitution ni les lois fondamentales selon plusieurs arrêts. Le ministère précise s’être volontairement limité à financer uniquement les couples mariés d’un homme et d’une femme et les unions durables hétérosexuelles non mariées. Le ministère indique par ailleurs que l’aide financière pour les couples du même sexe ne sera pas prévue à l’avenir.
Combien d’argent est réellement versé par traitement ?
Le Saxony accorde des subventions pour les traitements de procréation assistée, c’est-à-dire la fécondation in vitro (FIV) ou l’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI). Selon la méthode, la part de l’apport personnel est couverte entre 375 et 450 euros pour la première à la troisième tentative. Pour la quatrième tentative, le plafond est fixé à 800 à 900 euros. Pour chaque traitement, les fonds doivent être demandés séparément.
Des prestations complémentaires comme la congélation d’ovocytes ou d’embryons, des procédés de laboratoire particuliers ainsi que les traitements réalisés en cycle naturel ne sont pas éligibles au financement.
Les conditions ont-elles changé à la fin de l’année ?
Malgré le recul des montants de subventions fournis par le Bund, l’État libre n’a pas modifié son soutien, indique le KSV à la demande de l’agence. Le contexte est que la Saxe ne reçoit plus de fonds fédéraux pour les traitements de fertilité depuis février 2024 et n’avance donc que via son propre budget. On ne sait pas si le Bund reviendra un jour: ni le KSV ni le ministère des Affaires sociales n’ont actuellement d’indications concrètes.
Comment se portent les naissances en Saxe ?
Le soutien aux traitements de fertilité s’inscrit dans le contexte d’un recul du nombre de naissances dans l’État libre. En Saxe, selon les chiffres de l’Office statistique régional, en 2024, 24 697 enfants sont Nés vivants. Cela représente environ 1 500 naissances de moins et une diminution de 5,7 % par rapport à l’année précédente. Cette tendance de baisse des naissances, observée depuis 2017, se poursuit.
Également, le nombre moyen d’enfants par femme en 2024 a diminué. Statistiquement, chaque femme âgée de 15 à moins de 50 ans a donné naissance à 1,22 enfant. Il y a dix ans, ce chiffre était de 1,57.
