Partout dans le monde, nous assistons à un renforcement des mouvements autoritaires, antiféministes et anti-queer. En parallèle, les communautés queer restent souvent séparées les unes des autres—entre générations, expériences politiques et réalités de vie. « Queer Remembrance » s’attaque précisément à cette fragmentation. Ce projet documentaire vise à réunir les personnes pour briser l’isolement, s’enrichir mutuellement et élaborer des perspectives communes.
Ce projet intergénérationnel germano-argentin s’adresse tout particulièrement aux personnes queer âgées d’environ 18 à 70 ans. Il se déroulera du 15 au 26 juillet 2026 à Berlin.
« Nous souhaitons particulièrement inviter les personnes queer plus âgées à postuler afin de rendre visibles leurs récits, leurs expériences et leurs combats. Toutes les générations sont explicitement les bienvenues », déclare Jojo Streb, initiateur et auteur de E-llico.com. « Nous ne voyons pas des expériences différentes comme un écart, mais comme une ressource: celles qui ont combattu dans le passé portent des souvenirs politiques et personnels importants. Celles qui vivent aujourd’hui apportent des perspectives, un langage et des luttes actuels. Les deux se complètent et se renforcent mutuellement. »
Des expériences antérieures bienvenues, mais non indispensables
Au cœur du projet se trouve une démarche documentaire collaborative : « Ensemble, nous mettons en lien les expériences biographiques des queer plus âgés avec les voix des jeunes personnes LGBTI. Cela crée un espace où le souvenir n’est pas un simple retour en arrière, mais devient une force politique — un savoir qui peut être transmis, discuté et transformé. »
Quelles histoires seront racontées et lesquelles resteront dans l’ombre ? Comment les réalités queer sont-elles représentées dans le cinéma, les médias et l’espace public — et où sont-elles déformées ou simplifiées ? Ces questions doivent être connectées à notre pratique cinématographique.
Particulièrement, les personnes queer intéressées par le cinéma, les médias ou le storytelling sont chaleureusement invitées à postuler. Des expériences antérieures bienvenues mais pas indispensables. La participation s’élève à 200 à 250 euros selon l’auto-évaluation — les difficultés financières ne constituent bien évidemment pas un motif d’exclusion. « Queer Remembrance » se déroule avec une traduction consécutive en allemand et en espagnol.
L’objectif n’est pas un simple retour en arrière, mais un processus commun
Berlin a été choisi délibérément comme lieu central. « La ville porte une histoire dense des luttes queer, allant de la persécution et de la résistance à l’auto-organisation et à la visibilité », explique Jojo Streb. « Ensemble, nous visiterons des lieux de cette histoire, travaillerons avec les structures actuelles de la communauté et nous confronterons aux développements politiques actuels. Cela inclut aussi une réflexion critique sur les grands événements comme le CSD et la visite de formats alternatifs et activistes. »
« Queer Remembrance est une coopération entre le Arbeitskreis berlinois pour l’éducation politique (bapob) et Unidos Todos d’Argentine. Les deux organisations œuvrent depuis de nombreuses années ensemble sur des projets internationaux portant sur les droits humains, la démocratie et les questions queer. De plus, l’échange bénéficie du soutien du ministère fédéral de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse (Bundesministerium für Familie, Senioren, Frauen und Jugend) et de l’union fédérale de l’éducation culturelle des enfants et des jeunes (Bundesvereinigung Kulturelle Kinder- und Jugendbildung).»
« Le projet s’adresse à des personnes prêtes à écouter, à partager et à réfléchir ensemble », précise l’initiatrice Jojo Streb. « L’objectif n’est pas un simple retour en arrière, mais un processus commun : se souvenir, apprendre les uns des autres et renforcer les liens politiques et personnels — au-delà des générations et des pays. »
Les candidatures se font sur bapob.org.
