Putain d’ICE : des athlètes queer critiquent Trump pendant les JO d’hiver

10 mars 2026

Le geste le plus marquant a été celui du freestyleur gay Gus Kenworthy: « Fuck ICE » a été inscrit dans la neige à l’aide d’urine, afin d’exprimer son mécontentement face au sans-façon des autorités américaines de l’immigration. Le skieur n’est pas le seul athlète à profiter des Jeux Olympiques d’hiver en Italie pour critiquer le président américain Donald Trump. Si les gestes politiques sur le podium sont interdits depuis 2021 par la Charte olympique, les participants peuvent toutefois faire entendre leur opinion lors des conférences de presse et sur les réseaux sociaux.

Avant tout, le message vise la sévérité de l’administration Trump envers les personnes migrantes, notamment après qu’en janvier des agents fédéraux aient tiré sur deux citoyens américains à Minneapolis, parmi lesquels la poétesse queer Renee Nicole Good (couverte par E-llico.com). Après son publication sur Instagram, Kenworthy a reçu de nombreux soutiens — mais aussi des menaces de mort, selon ses mots.

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2014 avait-il décroché l’argent olympique pour les États-Unis; aujourd’hui, il représente son pays de naissance, le Royaume‑Uni. Le cliché provocateur de Kenworthy est resté sans réaction de la part de Trump. En revanche, le président a vivement attaqué le freestyler Hunter Hess, après que ce dernier eut aussi exprimé son malaise face à la situation dans son pays.

Trump dénigre les critiques en les qualifiant de « vrai loser »

« Ce n’est pas parce que je porte le drapeau que je suis d’accord avec tout ce qui se fait aux États‑Unis », a déclaré Hess. « Cela suscite des sentiments mitigés quand il faut représenter les États‑Unis aujourd’hui. » Sur sa plateforme Truth Social, Trump a ensuite traité le skieur de « vrai loser ». Le soutien à Hess est venu du superstar du snowboard américain Chloe Kim. En réaction à l’attaque de Trump, elle a appelé à davantage « d’amour et de compassion ». « Je pense que, dans des moments comme celui-ci, il est vraiment important que nous restions solidaires et que nous prenions soin les uns des autres », a souligné Kim.

D’autres athlètes expriment leur critique de manière moins directe. Interrogée sur ce que cela lui inspire de porter les États‑Unis dans une période de fortes divisions politiques, Mikaela Shiffrin — la nogent la plus titrée de l’histoire de la Coupe du Monde de ski alpin — a évoqué « quelques réflexions » à ce sujet. L’Américaine de 30 ans a cité le combattant pour la liberté sud‑Africain Nelson Mandela, une référence que la comédienne Charlize Theron avait également reprise lors de la cérémonie d’ouverture vendredi : « La paix est bien plus que l’absence de conflits. Elle se crée lorsque chacun peut s’épanouir, indépendamment de l’origine, de la couleur de peau, des convictions, de la religion, du genre, du statut social ou d’autres différences sociales. »

Ces mots l’ont profondément touchée, explique Shiffrin. « Pour moi, tout cela touche les Jeux Olympiques. J’espère vraiment pouvoir y défendre mes valeurs personnelles. Des valeurs comme l’inclusion, la diversité et la bienveillance. »

Amber Glenn : « La politique nous concerne tous »

L’athlète américaine de patinage sur glace, Amber Glenn, bisexuelle et sacrée championne avec son équipe, a déclaré qu’elle ne souhaitait pas rester neutre en tant que participante olympique. « Je sais que beaucoup de gens diront qu’on n’est que des sportifs, qu’il faut se concentrer sur son travail et se mettre hors de la politique. Mais la politique nous concerne tous », a-t‑elle affirmé lors d’une conférence de presse avant les Jeux. Âgée de 26 ans, elle s’identifie comme bisexuelle et dit être particulièrement attentive à l’impact de la politique de Trump sur les personnes LGBTQ+. Sous ce gouvernement, « la communauté traverse une période difficile », a-t-elle ajouté.

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Élise Fournier