Républicaine: image de RuPaul au musée entraîne le viol d’enfants

25 juillet 2026

Lors d’une audition au Congrès américain, la députée républicaine Nancy Mace a affirmé que des images de drag queens dans des musées pourraient amener des enfants à être violés. Mace a critiqué mardi, de manière précise, que des photos de RuPaul et d’autres drag queens soient exposées au National Museum of American History à New York.
« RuPaul est un homme qui s’habille comme une femme, au sens littéral », s’est indignée la représentante issue de l’État conservateur de Caroline du Sud lors d’une audience avec la directrice du musée d’histoire visé. « Savez-vous combien d’enfants dans ce pays sont violés par des adultes ? », a-t-elle demandé sans attendre de réponse. Elle a ensuite ajouté: « Imposer ce type de stupidités aux enfants les sexualise. Cela les rend vulnérables à des personnes qui veulent les violer ou les maltraiter. »

View this post on Instagram

Instagram
|

La dénonciation selon laquelle les drag queens sexualisent les enfants est désormais aussi présente en Allemagne: l’AfD fait particulièrement campagne contre ce « tremblement drag queen » (Dragqueen-Sumpf). Certains hommes et femmes politiques de la CDU, de la CSU et de la SPD y adhèrent en partie.
RuPaul Charles est la drag queen la plus connue du monde. Déjà dans les années 1990, elle est devenue une figure emblématique à l’échelle nationale lorsque sur VH-1 débute, en 1996, « The RuPaul Show », une émission de talk-show avec des invités comme Cher, Bea Arthur, Dionne Warwick, Cyndi Lauper ou Olivia Newton-John. C’est avec la série de télé-réalité « RuPaul’s Drag Race », lancée en 2009, qu’elle acquiert une renommée mondiale. Aujourd’hui, cette série compte parmi les émissions les plus primées – elle a reçu à elle seule 29 Primetime Emmys.

Republikaner kämpften für eine « patriotische » Geschichtsschreibung ohne Sklaverei und queere Menschen

Les Républicains s’en prennent actuellement à l’Institution Smithsonian, le plus grand réseau mondial de musées, de centres de recherche et de bibliothèques, en partie géré par le secteur public. Cette institution exploite aussi le musée d’histoire de New York. L’enjeu est un débat fondamental sur la maîtrise de l’interprétation de l’histoire américaine. Trump et ses alliés accusent l’institution de promouvoir une idéologie « woke » et de pratiquer une révision historique.
La Maison-Blanche a édicté des décrets visant à retirer des musées Smithsonian des contenus supposément « anti-américains » ou « divisifs » et à recentrer l’accent sur les réalisations traditionnelles. Les Républicains reprochent aux musées de présenter les États-Unis principalement comme un pays fondé sur l’esclavage, l’oppression et le racisme systémique. À l’inverse, ils demandent une « éducation patriotique » qui mette en avant les pères fondateurs blancs, la liberté et le progrès historique de la nation. L’histoire de l’oppression des Noirs ou la lutte des personnes queer pour l’égalité des droits n’auraient pas leur place dans ce récit. Depuis le début de son mandat, l’administration Trump mène une offensive rhétorique particulièrement dure contre les drag queens et les personnes trans.
Le Smithsonian a répliqué face à ces accusations en soulignant notamment que l’histoire de l’esclavage n’est pas un thème marginal mais un pilier central de l’histoire des États‑Unis. En outre, l’institution considère l’histoire des personnes queer comme une composante intégrale et indispensable de l’histoire nationale américaine. L’objectif est que chaque Américaine et chaque Américain puisse se refléter et se reconnaître dans les musées publics.

Élise Fournier