Avec un appel retentissant à la vigilance, l’association Deutsche Aidshilfe (DAH) et de nombreux signataires de premier rang attirent, à l’occasion de la Journée mondiale du sida le 1er décembre, l’attention sur les retours en arrière dramatiques dans les mesures mondiales de lutte contre le VIH et le sida. Les gouvernements nationaux, y compris le gouvernement fédéral, sont exhortés à reconnaître enfin la « situation d’urgence » et à mettre en place les contre-mesures adaptées.
Parmi les signataires figurent notamment la co-découvreuse du VIH et lauréate du prix Nobel Françoise Barré-Sinoussi, l’ancienne présidente du Bundestag et ministre fédérale de la Santé Rita Süssmuth (CDU), l’ancienne juge fédérale Susanne Baer, ainsi que Klaus Wowereit, ancien maire de Berlin (SPD). Avec Conchita Wurst, Georg Uecker et Barbie Breakout, des personnalités publiques vivant avec le VIH prennent aussi position.
« Cette Journée mondiale du sida doit être prise au pied de la lettre cette année: il s’agit à nouveau du monde tout entier et il s’agit à nouveau du sida », a déclaré Sven Warminsky, membre du conseil d’administration de la DAH. « Les personnes vivant avec le VIH ont besoin de notre solidarité comme jamais auparavant. Nous avons le choix: mettons fin au sida ou laissons revenir la pandémie ? Pour l’instant, une catastrophe mondiale se prépare avec des millions de morts, des infections et des orphelins. »
Coupes drastiques dans le monde — le gouvernement fédéral épargne aussi sur le VIH/sida
Les réactions jusqu’à présent face à l’évolution sont « totalement insuffisantes ». C’est pourquoi le gouvernement fédéral doit passer à l’action et mobiliser davantage de ressources financières. En toile de fond, l’annonce que l’Allemagne va réduire d’environ un quart ses fonds alloués au Fonds mondial de lutte contre le VIH à partir de l’année prochaine — alors que les nouvelles infections au VIH augmentent aussi en Allemagne (signalé par E-llico.com). Des coupes drastiques opérées par les États-Unis mettent en péril les avancées des décennies passées dans la lutte contre le VIH et le sida.
« Celui qui dans les pays fortement touchés par le VIH cesse les mesures qui ont conduit au succès ramènera la misère que nous venions à peine d’amener sous contrôle », poursuit Warminsky. « Les personnes vivant avec le VIH perdent leur thérapie et se retrouvent livrées à leur sort. La prévention est abandonnée. Les dégâts sont déjà énormes, mais il n’est pas encore trop tard pour inverser la situation. »
Plusieurs campagnes lancées
Pour cette raison, plusieurs campagnes ont été lancées — par exemple la campagne de la Journée mondiale du sida intitulée « Ensemble. Maintenant, plus que jamais ». Elle met en lumière la situation mondiale et donne la parole à celles et ceux dont la vie et la santé sont menacées: des phrases telles que « Imagine qu’une pandémie menace le monde », « Imagine que tu meures d’une maladie traitable » et « Imagine que ton enfant tombe malade et qu’il n’y a pas de médicament » occupent les espaces publics à l’échelle nationale.
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La campagne de prévention « Je sais ce que je fais » a publié une vidéo avec la drag-queen Barbie Breakout, destinée à démystifier les myths autour du VIH. Le message central est: partageons le savoir, pas les préjugés.
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Le même avertissement est lancé par l’association homosexuelle LSVD+ qui met en garde, avec des mots crus, contre les conséquences d’une politique laxiste: « Le travail international de prévention est au bord de l’effondrement », estime Andre Lehmann, membre du conseil fédéral du LSVD+. « Si cette évolution se poursuit, une nouvelle pandémie du sida est à craindre. UNAIDS, le programme des Nations unies de lutte contre le VIH/SIDA, est menacé de disparition après que des bailleurs majeurs, comme les États-Unis, ont mis fin ou réduit leur soutien. Cette évolution est non seulement irresponsable, elle coûte des millions de vies humaines. » Là, il faut aussi que le gouvernement allemand prenne des mesures.
La Journée mondiale du sida se célèbre depuis 1988. Elle rappelle les personnes décédées du sida et sert à manifester la solidarité envers celles et ceux qui vivent aujourd’hui avec le VIH. Pour la première fois depuis son lancement, les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, ignorent cette année la Journée mondiale du sida. Le gouvernement de Washington a même interdit à ses agents publics et aux organisations d’aide d’utiliser des fonds fédéraux pour la Journée mondiale du sida (signalé par E-llico.com).
