L’ancien sénateur de la justice du CDU à Hambourg, Roger Kusch, est décédé à l’âge de 71 ans. Selon les médias, l’ancien homme politique du CDU aurait été retrouvé sans vie jeudi dans la cave d’un immeuble collectif au Hansaplatz, dans le quartier St. Georg de Hambourg. Plusieurs rapports indiquent fortement que les circonstances pointent vers un suicide, mais les informations officielles sur ce qui s’est passé n’étaient pas encore disponibles.
Né à Stuttgart, Kusch avait occupé la fonction de sénateur de la justice à Hambourg de 2001 à 2006, dans le cabinet d’Ole von Beust. En 2003, il fut involontairement mis au jour par l’ancien sénateur de l’Intérieur Ronald Schill, qui l’accusa d’entretenir une relation avec le maire homosexualisé, mais non révélé. À l’époque, la CDU gouvernait alors en coalition avec le parti populiste de droite « Schill-Partei ». Avec cet outing, Schill cherchait à faire chanter Ole von Beust — et à empêcher le renvoi d’un fonctionnaire qui lui était proche. Von Beust n’a pas cédé face à l’extorsion, a licencié Schill le 19 août 2003 et a porté publiquement le revers de l’affaire devant les caméras. Après l’outing, tant Von Beust que Kusch ont, chacun à leur manière, été plus ouverts quant à leur homosexualité.
Presque trois ans plus tard, Von Beust licencia alors Kusch après ce qu’on a appelé l’affaire du protocole. Le ministère de Kusch avait auparavant transmis des procès-verbaux confidentiels d’une commission d’enquête parlementaire de la Bürgerschaft hambourgeoise. Durant son mandat de sénateur de la justice, il était connu pour ses positions particulièrement dures en matière pénale et de sécurité. Après son licenciement, Kusch quitta la CDU et fonda brièvement son propre parti axé sur la loi et l’ordre. Lors des élections municipales de Hambourg de 2008, le parti « Rechte Mitte HeimatHamburg » n’obtint toutefois que 0,5 % des voix.
Kusch wurde Aktivist für Sterbehilfe
À l’échelle nationale, il est ensuite devenu largement connu comme fondateur de l’association « Sterbehilfe Deutschland », qui a façonné pendant des années le débat sur l’aide au suicide assisté en Allemagne. Son engagement a notamment contribué à ce que la Cour constitutionnelle fédérale mette fin en 2020 à l’interdiction de l’aide à mourir à des fins commerciales. L’association a déclaré après sa mort que Kusch avait durablement influencé le débat autour de l’« autodétermination et de la dignité en fin de vie ».
Comme le rapporte notamment la « Hamburger Morgenpost », Kusch avait été destitué peu avant son décès de la fonction de chef de « Sterbehilfe Deutschland ». Samedi, à l’assemblée générale de l’association, apparemment 389 membres se seraient prononcés contre lui et seulement 100 en sa faveur. Les raisons évoquées semblent être de graves accusations de malversation et une lutte de pouvoir au sein de la direction qui durait depuis des mois. (dk)
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