L’Agence britannique pour la sécurité sanitaire (UKHSA) signale une hausse soutenue et marquée des infections à Shigellose sexuellement transmissibles dans la majeure partie de l’Angleterre. Selon les données épidémiologiques, ce sont principalement les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes qui sont touchés.
En 2025, 2 560 cas de Shigellose transmise par les rapports sexuels chez des hommes adultes ont été enregistrés en Angleterre chez des personnes qui n’avaient pas voyagé à l’étranger auparavant — soit une hausse d’environ 25 % par rapport à 2023. Plus de la moitié des diagnostics (54 %) concernent la région du Grand Londres.
Évolution critique de la résistance aux antibiotiques
Le véritable défi pour le système de santé réside dans l’évolution biologique des agents pathogènes. Le pourcentage d’échantillons bactériens résistant aux antibiotiques classiques a atteint un niveau critique: chez Shigella sonnei, 86 % des échantillons examinés présentent des résistances, et chez Shigella flexneri, 94 %.
Cela restreint fortement les possibilités de traitement en cas de formes graves. Pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli, par exemple en cas d’infection au VIH non bien contrôlée, le risque de complications cliniques graves augmente.
Comment se transmettent les Shigelles
Pour la Shigellose, une quantité très faible de bactéries (de 10 à 100 germes) suffit pour déclencher l’infection. La transmission se fait par voie oro-fécale, ce qui peut survenir lors d’activités sexuelles — notamment par le rimming ou le contact direct main-bouche après le rapport. Les symptômes typiques comprennent une diarrhée liquide ou sanglante, de la fièvre, des nausées et des crampes abdominales douloureuses.
En raison de la mobilité internationale et de l’interconnexion des communautés queer, ces souches résistantes circulent dans le monde entier. Depuis les années 1970, il y a eu à plusieurs reprises des épidémies de Shigella chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes dans les pays développés. Des regroupements et des hausses de cas similaires ont également été observés ces dernières années dans des grandes villes allemandes comme Berlin. La prophylaxie pré-expositionnelle (PrEP), devenue plus répandue ces dernières années chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, protège bien sûr contre le VIH, mais pas contre d’autres infections sexuellement transmissibles.
Les communautés et les organisations œuvrant pour la santé sexuelle recommandent d’intensifier les mesures d’hygiène pendant et après le sexe. Cela inclut un lavage soigneux des mains et l’utilisation de préservatifs. Par ailleurs, les hommes gaysexuellement actifs souffrant de troubles digestifs persistants devraient consulter activement un médecin et signaler le risque sexuel afin que des examens biologiques appropriés puissent être réalisés.
