Dans le nouvel « Tatort: Gottesgarten » (diffusé le dimanche 25 octobre 2026 à 20h15 sur la première chaîne et déjà disponible dans l’ARD Mediathek), le commissaire principal Felix Voss (Fabian Hinrichs) reçoit une nouvelle collègue: Emilia « Emmy » Rathgeber (Rosalie Thomass) renforce l’équipe d’enquête fränkische. Leur premier dossier commun débute par un meurtre brutal dans un hôtel de passage à Nuremberg.
Quel est le fil conducteur de « Tatort: Gottesgarten » ?
Dans un hôtel de passage à Nuremberg, le travesti Elias Schaller (Moritz Bock) est retrouvé mort par étranglement. Pour Felix Voss et sa nouvelle collègue Emmy Rathgeber, il semble d’abord évident qu’ils doivent remonter la piste dans le milieu du sexe tarifé afin d’identifier le responsable. Mais les enquêtes s’avèrent loin d’être simples: l’analyse médico-légale révèle d’innombrables traces d’ADN de précédents visiteurs, ce qui complique l’attribution. De plus, l’arme du crime demeure introuvable.
Alors que Voss et Rathgeber tâtonnent encore au sein de leur nouvel environnement de travail, les recherches menées par leur collègue Wanda Goldwasser (Eli Wasserscheid) les mènent finalement jusqu’à la région franconienne de Gottesgarten, où Elias a grandi. Ses parents (Horst Kummeth et Jule Gartzke) réagissent de manières très différentes à la disparition de leur fils, et à chaque nouvel indice il devient de plus en plus évident que le meurtre recèle bien plus qu’un simple mystère criminel. Dans cette fausse idylle se cachent des tensions familiales, des rancœurs anciennes et une quête qui interroge ce que chacun avait le droit de vivre ou non.
Dans ce cadre apparemment idyllique, les enquêteurs dénouent peu à peu un enchevêtrement d’événements qui met en perspective des conflits intemporels, des promesses non tenues et un fils qui semblait ne pas pouvoir choisir sa propre voie. Au final, il s’agit de quelque chose de bien plus vaste que le simple meurtre: la question fondamentale de ce qui est juste et légitime dans la société.
Une nouvelle équipe qui s’accorde dès le départ
Un vent neuf souffle aussi sur le commissariat. Après deux années passées à Munich, Emmy Rathgeber prend désormais service en Franconie. Pour son accueil, des fleurs, un chaleureux « Servus » et la perspective d’une double direction qui devra trouver son équilibre. Le fait que son entreprise de déménagement ait malencontreusement décalé le rendez-vous n’est qu’un petit contretemps parmi les aléas du nouveau départ.
Pour autant, la jeune enquêtrice ne se laisse pas déstabiliser. Elle aborde son entourage avec franchise, humour et une certaine assurance. Rosalie Thomass décrit son personnage comme « curieux, ouvert, ingénieux, drôle et empathique ». « C’est une figure vivante, ancrée, sensuelle, qui vit pleinement ici et maintenant ». Ces qualités font d’Emmy une addition intéressante au sein de l’équipe.
Même Felix Voss paraît moins inaccessible lorsqu’il travaille aux côtés de sa nouvelle partenaire. Lorsqu’un technicien de la scène médico-légale note, après l’arrivée d’Emmy, qu’il paraît moins rigide, il est surpris. Emmy le voit comme plus réservé que rigide. Un joli petit moment qui montre comment deux personnes peuvent se transformer l’une l’autre sans prononcer un seul mot.
La chimie entre Rosalie Thomass et Fabian Hinrichs est au rendez-vous. Les dialogues coulent avec une certaine légèreté, les taquineries paraissent naturelles et, particulièrement dans les scènes plus calmes, le duo bénéficie d’un espace pour se construire. « J’ai ressenti une grande ouverture et curiosité à mon égard. Et cela, je pense, colle bien aux personnages. Tous deux sont des caractères explorateurs », explique Thomass à propos de l’harmonie sur le plateau. « Il n’est pas évident d’être toujours perçu à égalité. Ici, cela a été le cas — et c’est agréable. »
Du meurtre mystérieux à la question de vérité qui dérange
Le dossier suit d’abord les sentiers classiques du suspense: un mort, une arme manquante, d’innombrables traces et une équipe qui doit naviguer à travers des indices contradictoires. Toutefois, « Gottesgarten » ne s’intéresse pas uniquement à déterminer qui a tué Elias Schaller. Ce qui compte aussi, c’est pourquoi et comment cela a pu arriver.
Plus les investigations s’éloignent de Nuremberg vers le paysage franconien, plus l’entourage familial de la victime occupe le devant de la scène. Derrière le cadre pittoresque se cachent des notions d’honneur, de tradition et d’un mode de vie soi-disant correct qui entrent en conflit avec les souhaits d’un jeune homme désireux de tracer sa propre voie. Elias aurait manifestement voulu suivre un chemin différent de celui tracé par sa famille.
Le réalisateur Dustin Loose et le scénariste Constantin Lieb relient le cas pénal à un conflit social, apportant au récit une profondeur émotionnelle notable.
Est-ce utile de regarder ?
Oui. « Tatort: Gottesgarten » est un polar franconien à voir et constitue une entrée réussie pour Rosalie Thomass. Emmy Rathgeber apporte une fraîcheur et une décontraction bienvenues à l’équipe sans devenir la simple incarnation d’un antagoniste face à l’esprit indépendant de Felix Voss.
Fabian Hinrichs tire clairement profit de ce nouvel équilibre. Son commissaire peut, aux côtés de sa réserve habituelle, laisser apparaître un côté plus léger et plus humoristique. Le fait qu’Emmy le prenne tel qu’il est rend la dynamique entre eux crédible. Les visages familiers autour d’Eli Wasserscheid, Stefan Merki, Matthias Egersdörfer et Lisa Sophie Kusz garantissent que la nouvelle configuration ne paraît pas comme un redéploiement complet.
Le paysage franconien offre un contraste séduisant avec les abysses qui menacent derrière les façades. La menace s’accentue tout au long de l’histoire, ce qui rend le film particulièrement haletant. « Gottesgarten » est un mélange de travail policier classique, de drame familial et de thriller — et il convainc doublement: en tant que polar à l’intrigue complexe et comme une mise en place réussie d’un nouveau duo d’enquêteurs. (spot)