Dans la nuit du lundi au mardi, à Los Angeles, pour la 78e fois, les Primetime Emmy Awards seront décernés, le plus grand et le plus prestigieux prix télévisuel au monde. Dans les 19 catégories où les lauréats sont désignés lors de l’émission présentée par l’actrice Mariska Hargitay, plusieurs créateurs et créatrices queer de séries figurent parmi les nominé·e·s. Ces six talents peuvent nourrir des espoirs d’un Emmy cette année.
Colman Domingo
Comme pour la première saison de « The Four Seasons » (Netflix), Colman Domingo est une nouvelle fois nominé dans la catégorie du meilleur second rôle dans une série comique pour son rôle d Danny, l’architecte gay. La concurrence s’annonce redoutable, notamment avec Harrison Ford parmi les adversaires. Une autre nomination cette année avait été accordée à l’acteur en tant qu’invité dans la troisième et dernière saison d' »Euphoria » (après avoir remporté son premier Emmy en 2022 pour la série). Dans cette catégorie, qui a déjà été récompensée la semaine dernière lors des Primetime Creative Arts Emmys, le quadragénaire de 56 ans a dû s’incliner face à Ernst Harden Jr. pour « The Pitt ».
Michael Urie
Comme l’année précédente, son rival direct est Michael Urie. Âgé de 46 ans, il est à nouveau nommé pour son rôle en tant que meilleur ami gay du protagoniste incarné par Jason Segel dans la série comique « Shrinking » (Apple TV). Pour ce rôle, dans une série dont la quatrième saison est déjà en cours de production, l’Américain devenu célèbre grâce à « Ugly Betty » a été récompensé en 2025 par le Critics’ Choice Award.
Hannah Einbinder

Parmi les grands favoris dans la catégorie série comique figure aussi cette année la série fabuleuse et très queer « Hacks ». La cinquième et dernière saison n’est pas encore diffusée en Allemagne (les autres saisons sont diffusées notamment sur RTL+), mais cela n’enlève rien à ses qualités. L’année dernière, aux côtés de la vedette principale et lauréate constante Jean Smart, Hannah Einbinder a également reçu un Emmy en tant que meilleure second rôle féminine. Cette année encore, la jeune femme queer de 31 ans, qui joue récemment dans le grand écran avec « Teenage Sex and Death at Camp Miasma », est à nouveau nommée.
Ayo Edebiri
Egalement déjà distinguée par un Emmy, Ayo Edebiri pour « The Bear » (Disney+). C’était en 2023, pour la première saison, où elle était encore considérée comme seconde actrice. À présent, cette jeune femme queer de 30 ans, qui a récemment eu une apparition dans la série « I Love L.A. », passe au statut de tête d’affiche et est nommée pour la quatrième fois pour son rôle de chef dans cette série comique très dramatique. L’année prochaine pourrait lui offrir une nouvelle chance. En effet, la cinquième et dernière saison de « The Bear » sera éligible pour les Emmy uniquement en 2027. Alors elle aura déjà une nouvelle série en démarrage avec « Prodigies ».
Meg Stalter

Depuis la première saison, Meg Stalter fait partie de l’ensemble de « Hacks »; toutefois, pour la cinquième et dernière saison, elle est pour la première fois nommée comme meilleure actrice dans un second rôle. Indépendamment de cela, la bisexualité de 35 ans a connu une année particulièrement active. Après avoir tenu le rôle principal dans la série de Lena Dunham « Too Much » en 2025, elle a publié son premier album « Crave » cette année. Et elle a aussi connu ses débuts sur Broadway dans la pièce à succès « Oh, Mary » il y a quelques mois.
Michael Patrick King
En tant que l’un des responsables de « Sex and the City », Michael Patrick King a marqué l’histoire de la télévision; plus récemment, sa suite controversée « And Just Like That » a atteint trois saisons. Il est nominé dans la catégorie « Meilleur scénario / comédie » pour un épisode de la troisième saison de la série culte « The Comeback » (HBO Max). Il a écrit le script avec sa bonne amie Lisa Kudrow, avec qui il avait imaginé la série il y a plus de vingt ans. Kudrow est cette année, comme pour les deux premières saisons de « The Comeback », à nouveau nommée comme meilleure actrice principale. À ce jour, King a remporté deux Emmys : en 2001 comme co-producteur de « Sex and the City » et un an plus tard pour un épisode qu’il a réalisé dans la série à succès.
Plus: Reality-TV
Dans la même veine queer, la catégorie Outstanding Reality Competition Program est également à surveiller. Sont nommés entre autres « Dancing With the Stars », l’émission culinaire présentée par la lesbienne Kirsten Kish, « Top Chef » et « RuPaul’s Drag Race », vainqueur à quatre reprises (2018-2021). Le favori demeure toutefois le vainqueur de l’an dernier, « The Traitors ». Pour la version américaine de « Die Verräter – Ne fais confiance à personne! », l’acteur gay Alan Cumming avait déjà été récompensé en tant qu’animateur lors des Primetime Creative Arts Emmys (E-llico.com l’avait révélé).
D’autres vainqueurs des Emmys lors de la soirée de la semaine dernière incluaient le reboot du « Muppet Show », le Halftime Show de Bad Bunny, ou la légende d’Hollywood Julie Andrews en narratrice dans « Bridgerton ». L’équipe de coiffure de « RuPaul’s Drag Race » a aussi emporté un Emmy. Connor Storie, étoile de « Heated Rivalry » (non éligible aux Emmys en tant que production canadienne), a toutefois quitté la scène bredouille pour sa prestation dans « Saturday Night Live ».
