Springe veut nommer une place d’après la drag queen Olivia Jones

20 mai 2026

Dans Springe, en Basse-Saxe, on envisage désormais la création prochaine d’une place Olivia Jones. Cette initiative vise à honorer la drag-queen dans sa ville natale, située au sud-ouest de Hanovre, tout en offrant une visibilité aux minorités sexuelles, a déclaré le maire Christian Springfeld (indépendant). Jones (56 ans) est surtout associée à Hambourg, où elle vit et dirige plusieurs établissements sur la Reeperbahn.
Springfeld a expliqué avoir eu cette idée avec la responsable de l’égalité de la ville, Stefanie Hoffmann. « Il ne s’agit ni de nostalgie ni d’une forme traditionnelle d’hommage. Il s’agit d’une attitude et de courage et de visibilité », a déclaré Springfeld. Springe compte environ 30 000 habitants.

Maire : Jones incarne l’acceptation au quotidien

Pour l’instant, rien n’est encore décidé, et aucune consultation politique n’a encore eu lieu, a indiqué le maire. La décision reviendra en dernier recours au conseil municipal de Springe, qui ne se réunira probablement pas avant le 26 août. Pour la place actuellement sans nom près de l’ancien hôtel de ville, des discussions évoquent aussi « Place de l’Égalité » ou « Place de la Diversité ». Le maire de quartier, Uwe Lampe (indépendant), aurait proposé, selon la « Neue Deister Zeitung », de laisser les habitants de Springe voter sur le nom à donner.
Pour la drag-queen, les arguments ne se limitent pas à ses racines — Oliver Knöbel, travesti né dans la ville — mais à ce que représente Olivia Jones. « Olivia Jones est l’ambassadrice honoraire de notre ville — et elle représente bien au-delà de Springe la diversité, la tolérance, l’autodétermination et la liberté, mais aussi le courage d’être différent sans peur ». Le message est d’importance quotidienne, comme le montre le débat autour du nom de la place.
Les critiques ont été répliquées par Springfeld, qui souligne que rien d’autre d’important ne devrait être laissé de côté « juste parce que nous nommons une place d’après Olivia Jones ». Pour lui, nommer la place de son vivant n’est pas un stigmate. Quiconque défend la visibilité et l’acceptation et porte ce message jour après jour avec audace et fierté peut aussi en bénéficier et recevoir cette reconnaissance et ce soutien.
Jones n’avait pas été associée à la première étape de la réflexion, mais la réaction aux plans a été positive, selon le maire.

Jones : « Cela me rend fière et reconnaissante à la fois »

Pour Olivia Jones elle-même, l’idée est bien accueillie. « Que Springe puisse un jour recevoir une place Olivia Jones me rend fière et reconnaissante à la fois », a déclaré la drag-queen, âgée de 56 ans. Cela montre ce que Springe représente aujourd’hui : une ville formidable et ouverte sur le monde. « Sur la place, je prendrai désormais mon petit café avec ma mère avec encore plus de plaisir », a ajouté la drag-queen.
Mercredi, un biopic consacré à Olivia Jones a été diffusé sur ZDF. « Le film rappelle à quel point l’exclusion peut être douloureuse. En même temps, l’histoire de vie d’Olivia Jones montre la force des personnes qui suivent leur propre chemin », a expliqué le maire Springfeld. Le film reste disponible dans la médiathèque du ZDF.
À cette occasion, la place qui pourrait être baptisée au nom de la drag-queen a été ornée jeudi de drapeaux arc-en-ciel. Afin de commémorer également la Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie, l’interphobie et la transphobie (IDAHOBIT), les drapeaux resteront hissés jusqu’au 18 mai 2026. (mize)

Élise Fournier