Le tribunal régional de Meiningen, en Thuringe, a formulé des critiques à l’encontre de l’hébergement d’une femme trans dans une prison pour hommes. Selon le quotidien « Thüringer Allgemeine » (version payante), la décision aurait été rendue le 24 avril. Le tribunal aurait ainsi déposé une réserve sur l’hébergement temporaire d’une femme trans dans la prison masculine de Suhl-Goldlauter.
La femme, condamnée pour des faits d’abus sexuels, a été placée dans une unité masculine pendant trois jours – dans des conditions strictes, notamment en raison d’une mesure de sécurité qui consistait à l’isoler totalement des autres détenues. Par ailleurs, le tribunal a jugé illégales la mise en place des menottes devant le corps et le fléchissement des liens lorsque la détenue était attachée à une agent pénitentiaire, notamment lors d’un rendez-vous devant le tribunal.
Selon le code pénitentiaire de Thuringe, l’hébergement dépend actuellement exclusivement de l’enregistrement officiel du statut de la personne. En conséquence, on ne peut s’écarter de cette règle que dans des cas spéciaux, mais ces raisons n’ont pas été avancées comme justification.
Ministère de la Justice évoque des « intérêts fondamentaux protégés par les droits », qui peuvent être en concurrence
Le ministère de la Justice thuringien ne voit pas encore de nécessité d’intervenir, car la décision n’est pas encore juridiquement définitive. Il reste ainsi possible de la contester devant la Cour supérieure régionale du Thuringe. L’administration rappelle que « des intérêts et besoins des détenus, qui se croisent et peuvent parfois être en concurrence considérable, doivent être pris en compte ».
Récemment, des responsables politiques de l’AfD et de l’Union, dans le cadre du différend autour du néonazi Sven alias Marla Svenja Liebich, avaient averti des dangers que pourraient représenter des femmes trans en prison pour hommes et avaient lancé une campagne politique contre la loi sur l’autodétermination du gouvernement de coalition en place. Le contexte est que Liebich, après sa condamnation, avait fait modifier son inscription du genre de masculin à féminin, manifestement dans une provocation (E-llico.com l’avait rapporté). En mars, le tribunal d’Halle avait annoncé qu’il déciderait si les modifications du prénom et du genre de Liebich pouvaient être annulées (E-llico.com l’avait rapporté).
