Touré veut permettre des recours contre la discrimination

25 mars 2026

En cas de discrimination au sein de l’administration ou d’un commissariat, les habitants du Schleswig-Holstein pourraient à l’avenir avoir accès à la voie judiciaire, selon la volonté de la ministre des Affaires sociales Aminata Touré. Avec une nouvelle loi sur la diversité et la protection contre les discriminations, elle entend combler une lacune de protection, a-t-elle déclaré à l’agence de presse allemande. Préalablement, le « Flensburger Tageblatt » avait rapporté.

Selon les informations du ministère, il n’existe actuellement dans le nord aucune protection globale contre les discriminations lors de l’accomplissement des missions publiques — par l’administration, les établissements scolaires ou les autorités de sécurité. Toute personne se sentant discriminée en raison de l’âge, du sexe, de l’origine ethnique ou de la nationalité, d’un handicap, de son identité ou orientation sexuelle ou de ses convictions devrait, selon les plans, pouvoir réclamer des dommages et intérêts.

« C’est une loi pour la diversité et pour la protection contre la discrimination. Elle est destinée aux citoyennes et aux citoyens et à l’administration et ne vise pas contre eux », a déclaré Touré. « Je souhaite sensibiliser davantage les agents et agentes du service public à ce sujet et les former davantage grâce à des formations. »

Protection par la Constitution

Pour l’heure, certes, la Constitution et la Loi générale sur l’égalité de traitement protègent les personnes contre la discrimination, a expliqué Touré. « Toutefois, cette loi ne s’applique qu’au secteur privé lorsque des personnes en sont désavantagées, par exemple lors de la signature d’un bail ou d’un contrat de travail. » Elle espère obtenir une large majorité pour son projet de loi. « Ce serait un signe fort pour le Schleswig-Holstein. »

Selon le gouvernement, il existe pour l’instant une disposition similaire uniquement à Berlin ; en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, une loi est également en cours d’élaboration. Formellement, le projet de loi est encore en cours d’ajustement interne au ministère social de Kiel. Prochainement, Touré compte soumettre son texte au cabinet.

Indemnisation

Le ministère des Affaires sociales renvoie, en ce qui concerne l’indemnisation attendue, à l’expérience de la loi anti-discrimination. Sur cette base, les indemnités sont généralement fixées dans une fourchette comprise entre 300 et 1 000 euros. Seuls dans les cas de discriminations particulièrement graves les tribunaux dépassent 1 000 euros.

Cependant, le ministère ne prévoit pas un nombre important de recours en matière d’indemnisation ou de dédommagement. À Berlin, la crainte d’une vague de procédures ne s’est pas matérialisée. De janvier à début décembre 2022, il n’y a eu que 17 plaintes.

Élise Fournier