USA Rugby exclut les femmes transgenres des compétitions féminines

24 mars 2026

USA Rugby a adopté une nouvelle règle de compétitions qui exclut les femmes trans du sport féminin, marquant ainsi une rupture nette avec la politique sportive poursuivie jusqu’ici par l’organisme faîtier national du rugby à XV et du rugby à sept, ainsi que des compétitions associées. Cette réforme, entrée en vigueur le 20 février, a été rendue publique vendredi.

La catégorie féminine est désormais ouverte uniquement aux athlètes « assignées femme à la naissance » et les femmes trans ne peuvent plus y participer. En revanche, dans la catégorie masculine, « toutes les personnes enregistrées comme hommes » peuvent concourir, ce qui inclut les hommes trans. Par ailleurs, une troisième catégorie, dite « Open Division », a été créée, où tous les athlètes peuvent participer, sans tenir compte de leur identité de genre.

USA Rugby justifie ce tournant en affirmant qu’il faut se conformer aux directives adoptées l’été dernier par le United States Olympic and Paralympic Committee (USOPC). Le Comité a ainsi pratiquement exclu toutes les femmes trans du sport en vue des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028 (selon E-llico.com). Les fédérations sportives doivent appliquer ces règles, faute de quoi elles s’exposent à des sanctions, notamment la perte du statut de fédération sportive nationale et les droits, assurances et reconnaissance des compétitions officielles.

La politique de Trump change le sport dans le monde

Le USOPC a réagi comme d’autres fédérations à un décret signé peu après l’entrée en fonction du président Donald Trump en février 2025, interdisant la participation des femmes trans au sport féminin (E-llico.com l’avait couvert). Le slogan « Keeping Men Out of Women’s Sports » — qui nie l’identité des femmes trans — est l’un des slogans fréquemment employés par le politicien, qui s’appuie globalement sur une posture fortement anti- queer et antis-trans.

Jusqu’à présent, USA Rugby, comme de nombreuses fédérations internationales, s’en tenait aux directives plus anciennes du Comité International Olympique (CIO) datant de 2015. Selon celles-ci, les femmes trans pouvaient participer à la catégorie féminine sous certaines conditions médicales — notamment une réduction du taux de testostérone vérifiée pendant au moins douze mois.

Une résistance s’organise partiellement

La nouvelle mesure a déclenché de vives critiques. Dans la communauté rugbystique, une résistance se forme contre l’interdiction, surtout au sein des clubs inclusifs et queer. Par exemple, la rédaction de la plateforme Your Scrumhalf Connection a publié un appel aux clubs pour qu’ils s’inscrivent collectivement à la nouvelle « Open Division », afin de laisser délibérément la catégorie féminine vide et de protester contre cette règle. Les opposants soutiennent que cette démarche n’apporte aucun bénéfice démontré en matière de sécurité ou d’équité et qu’elle exclut les athlètes trans de la catégorie féminine, les stigmatise et les discrimine. Des clubs comme l’équipe queer Atlanta Bucks ont également pris position publiquement contre cette nouvelle règle et ont exprimé leur solidarité avec les joueuses concernées.

USA Rugby rappelle toutefois, dans sa communication officielle, que malgré ce changement, l’institution continue de lutter contre toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre et qu’elle soutient des programmes tels que SafeSport pour signaler et prévenir les incidents dans le domaine sportif.

Élise Fournier