Les autorités berlinoises chargées des poursuites veulent intervenir plus efficacement contre la violence et la criminalité liée à la haine dans le sport. Pour ce faire, les délits violents sont désormais traités de manière centralisée par le parquet compétent pour les affaires simples et intermédiaires, et il existe des coopérations avec des fédérations sportives. L’institution affirme observer les premiers résultats : douze incidents signalés par l’Association berlinoise de football ont donné lieu à une procédure d’enquête, selon le porte‑parole du parquet. Le service « Violence dans le sport » du parquet existe depuis le 1er décembre et, depuis lors, 25 affaires lui ont été présentées. Le parquet espère que ce travail centralisé permettra de « fermer les espaces d’impunité » et, surtout, de protéger et de renforcer le bénévolat ainsi que de promouvoir le sport dans sa fonction de pilier social et intégrateur, a‑t‑il déclaré.
Nombreux incidents dans le football
Selon les informations disponibles, 23 des 25 affaires déposées auprès du parquet proviennent de l’Association berlinoise de football. Pour une fois, une affaire a été signalée respectivement par l’association de handball et par celle du basket-ball. Dans une procédure, l’accusation a été déposée pour des menaces adressées à un arbitre. Dans une autre affaire, la personne concernée a été condamnée par ordonnance pénale pour des coups et blessures — sans audience devant le tribunal. Aucune de ces deux décisions n’est encore définitive.
Dans le domaine des crimes haineux, le football occupe également une place centrale. Tous les incidents signalés jusqu’à présent proviennent de l’association de football ; il s’agissait notamment d’insultes, d’incitation à la haine ou de l’utilisation de symboles anticonstitutionnels. Deux procédures se sont terminées par une amende et sont devenues définitives.
Accord de coopération depuis environ deux ans
En mai 2024, le parquet a conclu un accord de coopération avec l’Association berlinoise de football pour le volet crimes haineux. Il y a quelques jours, un accord similaire a été conclu avec le parquet pour mener ensemble une action ciblée contre les violences psychiques et physiques. L’objectif est d’assurer que l’autorité soit informée plus rapidement et quasi systématiquement de tels incidents.
Plusieurs autres fédérations sportives ont suivi l’exemple: on compte désormais neuf coopérations entre les autorités et les fédérations sur la question des crimes haineux. La centrale des crimes haineux, en place depuis plus de cinq ans, vise à mieux lutter contre le racisme, l’antisémitisme et d’autres formes d’hostilité ciblant des groupes.
Du côté du football émergent aussi des accusations d’homophobie. Par exemple, l’arbitre de football Pascal Kaiser, ouvertement bisexuel, a accusé la Fédération allemande de football (DFB) d’être impliquée dans du pinkwashing lors de l’automne dernier.
