Lorsque nous voyageons en conscience, un billet nous porte bien au-delà de la simple destination. Il nous offre de nouveaux souvenirs partagés. Il nous donne l’impression de connaître réellement un endroit. C’est une invitation à tisser des liens personnels. Avec cette série, réalisée en collaboration avec KLM Royal Dutch Airlines, nous vous invitons à faire de chaque voyage quelque chose de spécial. Après Bangkok, Le Cap et Mexico‑Ville, nous entrons dans notre quatrième et dernier volet aujourd’hui, et nous partons à Lima, la capitale du pays andin péruvien.
La communauté queer devient de plus en plus visible
Actuellement, quiconque voyage à Lima découvre une ville marquée par des oppositions et qui ne les cache plus. Environ onze millions d’habitants vivent dans la capitale péruvienne, dont le centre est dominé par une architecture coloniale et dont les quartiers littoraux comptent parmi les espaces économiques les plus dynamiques d’Amérique du Sud. Parallèlement, Lima voit naître une communauté queer qui, dans un pays où le mariage pour tous n’est pas encore reconnu et où les personnes queer ne bénéficient pas d’une protection étatique fiable, devient de plus en plus visible. Le développement est fragile, mais il est réel.
Dans le quartier méridional de Barranco, ce changement se révèle en premier lieu. Ancien quartier d’agréments, aujourd’hui célèbre pour le street art, les galeries et la culture alternative, il est devenu l’un des espaces les plus ouverts de la ville. Des bars queer et des lieux d’événements indépendants y évoluent avec une simplicité qui n’existe pas encore dans les autres districts de Lima. La scène reste petite, mais c’est précisément grâce à ses ressources limitées qu’elle développe une structure dense et collective. De nombreuses manifestations — des performances de drag jusqu’à des séries de films queer — résultent d’initiatives privées et de coopérations avec des institutions culturelles locales. Barranco est désormais un point de référence pour les voyageurs queer en quête d’orientation à Lima, et pour une génération de Limeños jeunes qui réclament des espaces libérés des cadres traditionnels.
Parc de sculptures avec vue sur le Pacifique
Au nord, dans Miraflores, la présence queer se manifeste de manière plus discrète mais tout aussi déterminée. Le Malecón, qui s’étire sur plusieurs kilomètres le long de la côte surplombant la mer, figure parmi les espaces publics les plus fréquentés de la ville. Ici, les couples de tous types se retrouvent sans attirer l’attention. Dans le Parque del Amor, un parc de sculptures inauguré en 1993 et donnant sur le Pacifique, la symbolique autrefois strictement hétéronormative est désormais assouplie. Pendant le mois des fiertés, des drapeaux arc-en-ciel flottent sur plusieurs commerces et cafés. Miraflores est considéré comme le quartier le plus sûr de Lima, et cette sécurité relative en fait pour de nombreuses personnes queer un ancrage social important.

La preuve que la ville évolue vers une tolérance plus grande se lit dans la Pride annuelle, la Marche del Orgullo, qui, selon les organisateurs, a attiré plus de 50 000 personnes cette année — l’un des niveaux de participation les plus élevés depuis le début des mobilisations au début des années 2000. Le défilé est moins commercialisé que dans les métropoles européennes, mais il est nettement plus politique. Les activistes critiquent l’absence d’égalité dans le droit de la famille, l’accès limité aux soins de santé spécifiques pour les personnes trans, et les cas de brutalité policière régulièrement documentés. En même temps, les participant·e·s confirment que l’acceptation sociale dans les centres urbains augmente, même si elle touche rarement les zones rurales. En 2026, la Marche des Pride aura lieu le 27 juin.
La vieille ville fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO
Sous l’angle des attractions classiques, loin des développements queer, Lima conserve des repères emblématiques. La Plaza de Armas, avec sa cathédrale et le palais gouvernemental, délimite le cœur historique de la cité coloniale fondée en 1535, et son centre-ville est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991.

A quelques kilomètres, se dresse la Huaca Pucllana, une pyramide en briques d’adobe de la culture Lima, érigée entre le IVe et le VIIIe siècle et qui démontre de manière éloquent que la région était déjà urbanisée bien avant la conquête espagnole. Le Museo Larco, dans le quartier Pueblo Libre, présente l’une des collections les plus importantes d’art précolombien du pays, comprenant des céramiques représentant des figures homosexuelles et la diversité des genres, offrant ainsi des perspectives historiques sur la sexualité et les rôles de genre qui restent aujourd’hui souvent sujettes à controverse au Pérou.

La ville se déploie dans un espace marqué par un mélange de politique conservatrice, de modernisation économique et de réorientation culturelle. Alors que le parlement montre depuis des années peu de dispositions en faveur de réformes en matière de droits LGBTI, Lima voit naître simultanément des réseaux qui reconquièrent les espaces publics, élargissent l’offre culturelle et renforcent les liens internationaux. Pour les voyageurs, cela signifie que Lima paraît aujourd’hui plus ouverte qu’il y a dix ans, sans que les défis structurels aient disparu. La communauté queer de la ville vit dans un équilibre entre prudence et confiance, qui façonne le caractère même de Lima: une métropole qui change lentement, tout en laissant ses contradictions visibles — et c’est précisément de cela qu’elle tire son énergie.
KLM vole quotidiennement d’Amsterdam à Lima en douze heures et demie en ligne directe. Des vols de correspondance existent depuis neuf aéroports allemands. D’autres liaisons quotidiennes sont disponibles avec le partenaire KLM Air France via Paris. Réservez dès maintenant
